Élections Municipales
La candidate de la droite détaille ses propositions pour apaiser les tensions entre les différents modes de déplacements. Berges piétonnes, trottoirs élargis, couloir de bus rue de Rivoli, ou parkings relais aux portes de Paris sont au programme.
Le Parisien - 16 novembre 2025 - Par Elie julien
C’est l’une des thématiques sur lesquelles sa parole était très attendue. La candidate de la droite aux municipales à Paris, Rachida Dati, a présenté son plan pour la mobilité dans la capitale.
Avènement du vélo, difficultés des circulations des bus, diminution de la place de la voiture par la majorité sortante… Les déplacements dans les rues parisiennes et le partage de l’espace public, occupent chaque jour l’esprit de nombreux Parisiens. La candidate estime que Paris « est bloqué, fracturé, épuisé par une idéologie qui oppose les modes de déplacements » et veut agir sur « l’apaisement ».
Pour présenter son plan pour Paris, la maire (LR) du VIIe arrondissement, rencontrait, ce dimanche 16 novembre, les habitants et collectifs de riverains de la place de la Bastille, entre Paris Centre, XIe et XIIe arrondissement. Le territoire d’Emmanuel Grégoire (député ici), le candidat socialiste, ne manque-t-elle pas de faire remarquer.

Aux habitants du boulevard Beaumarchais qui dénoncent « l’embolie du trafic », ou ceux du port de l’Arsenal qui jugent « l’aménagement incompréhensible » de la place de la Bastille, elle assure qu’elle reverra cette place. « Vous ne pouvez pas fermer à la circulation sans voir ce qui se passe derrière, sans étude d’impact, de report de circulation… », dit-elle encore.
Des berges de la Seine pour les piétons
Mais les premiers grands axes de son projet de mobilité, « pas un projet élaboré avec de l’intelligence artificielle mais avec des paysagistes, urbanistes et architectes », ce sont les voies sur berge.
Comme deux candidats à gauche (le communiste Ian Brossat et Emmanuel Grégoire), elle propose un renouveau des abords de la Seine. Pour Dati, ce sera la fin des cyclistes qui slaloment au milieu des promeneurs et joggeurs. Avec un site « patrimonial » dédié aux piétons.
« Ce site classé mérite mieux (…) qu’une cohabitation anxiogène entre piétons et cyclistes », considère-t-elle. Les cyclistes seront redirigés vers les pistes cyclables existantes sur les quais hauts sur la rive gauche, comme sur la rive droite après le tunnel des Tuileries (dans le sens Ouest-Est). Des bancs seront installés ainsi que des plantations de pleine terre « qui résistent aux inondations ».
À plus long terme, ces quais de promenade pourraient être prolongés d’Ivry à Issy sur la rive gauche et de Boulogne-Billancourt à Charenton rive droite.
Une rue de Rivoli transformée
Autre axe mythique de Paris, la rue de Rivoli serait réaménagée. La candidate prévoit d’élargir les trottoirs, là encore pour les piétons mais aussi favoriser le commerce. Mais pas n’importe comment.
Les commerçants verront apparaître une « charte esthétique pour les commerces (toile écrue, gris chaud, etc.) », des bacs de végétalisation avec « des équipes dédiées en charge de l’entretien de ces végétaux et de la propreté ». Les propriétaires d’immeubles où se trouvent les arcades seront sollicités pour les « valoriser ».
Sur la chaussée aussi, le changement sera au rendez-vous. La piste cyclable actuelle, jugée trop large par de nombreux élus dont certains de la majorité, sera divisée par deux, pour laisser deux voies de circulation : l’une dédiée au bus, l’autre à la desserte locale. Un axe qui servirait « d’expérimentation pour une desserte locale dédiée aux Parisiens ».
Pas de remise en cause du vélo, promet-elle
Interrogé par un habitant du XIe sur les pistes cyclables manquantes, celles surchargées, la candidate Dati fait remarquer que « l’on a beaucoup de pistes cyclables Est-Ouest mais peu Nord-Sud, d’où l’encombrement de celle boulevard Sébastopol ».
Si elle veut une meilleure connexion entre les arrondissements, elle promet de « ne pas remettre en cause le vélo ». « Je ne peux pas dire que je veux un espace public pour tout le monde et punir les vélos », assure Rachida Dati. Un engagement salué par l’association Paris en Selle, dont un porte-parole a salué « la volonté de ne pas réduire la place » de ce moyen de transport. Tout en prévenant : « Le réseau cyclable parisien est loin d’être fini. »
Les automobilistes parisiens, eux, verraient la création d’un stationnement résidentiel « à un tarif abordable », explique-t-elle dans une interview à La Tribune. « Il suffit de pas grand-chose pour que certaines choses, comme les conditions de circulation, s’améliorent », lui suggère un habitant du quartier qui la croise sur la place de la Bastille. Il pointe le bouchon qui se forme boulevard Bourdon (IVe) pour rejoindre le quai de la Rapée et le périphérique.
Sur cet anneau qui entoure la capitale, elle redit privilégier « les enrobés phoniques » pour le confort des riverains quand la gauche a abaissé la vitesse de 70 à 50 km/h. Après un premier échec il y a quelques années, la droite prévoit aussi de repromouvoir les parkings relais aux portes de Paris, « à des tarifs abordables » pour inciter les automobilistes à stationner. Et relance un vieux projet complexe, estimé à des milliards d’euros, de la couverture de cette autoroute urbaine : « Il faudra trouver des partenaires (financiers). »
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