Bruno Retailleau (LR), a déclaré sa candidature pour l'élection présidentielle de 2027, le 12 février 2026 à Paris. - Sipa Press

Présidentielles

Le candidat LR à la présidentielle préconise un choc d’offre, avec une baisse de 40 milliards d’euros des impôts pesant sur les entreprises et une réduction drastique des normes qui paralysent leur activité

L'Opinion - 19 février 2026 - Par Christine Ollivier

Le candidat (Les Républicains) à la présidentielle, Bruno Retailleau, présente ce jeudi ses propositions en faveur de l’industrie, sur le thème « produire plus», à l’occasion d’un déplacement en Seine-et-Marne

Candidat pro-business, Bruno Retailleau compte, aussi, sur le soutien des entrepreneurs pour se faire un chemin vers l’Elysée. C’est donc devant certains d’entre eux que le candidat (Les Républicains) à l'élection présidentielle a d’abord dévoilé, mercredi, son projet pour « produire plus », lors d’une présentation organisée au siège de LR. Une trentaine de chefs d’entreprises, PME ou ETI, avaient été conviés, à la veille de la conférence de presse sur ses propositions en Seine-et-Marne.

Pour le Vendéen, c’est aussi l’occasion de prendre le pouls du monde économique. Pendant deux heures, sans notes ni micro, il a donc répondu aux questions des entrepreneurs sur un projet qu’il veut « radical », parce qu’ « on ne peut plus rafistoler », mais aussi « raisonnable, parce que je ne suis pas un démagogue ».

Son discours, d’inspiration libérale, était sans doute une douce musique à l’oreille des patrons présents. « Je sais que le dernier trimestre a été horrible pour vous, a-t-il ainsi compati dans une allusion au débat budgétaire. Ça a été une chasse à l’homme ». Pourtant, « un pays ne peut pas être prospère sans les chefs d’entreprise », a souligné Bruno Retailleau. Ce soutien, il l’espère réciproque. « J’ai besoin de vous. En 2027, faut pas se louper et ça vous concerne aussi. Vous avez votre rôle à jouer. »

Baisse massive des prélèvements obligatoires

Pour réindustrialiser la France, Bruno Retailleau préconise donc un choc d’offre, qui passe par une baisse massive des prélèvements obligatoires pesant sur les entreprises : une réduction de 25 milliards euros des cotisations salariales, et de 15 milliards des impôts de production. Ces derniers seraient financés par un relèvement d’un point du taux effectif de TVA, de 9,7 à 10,7 %, précise le projet du candidat.

Pour faciliter la transmission des entreprises, le candidat LR propose également d’appliquer le principe « no cash, no tax ». Comprendre : « La transmission ne coûte pas (en imposition, NDLR) tant que l’argent reste dans l’entreprise ».

Aux entrepreneurs, Bruno Retailleau a promis de supprimer, dès son arrivée à l‘Elysée, une cinquantaine de normes qui paralysent leur activité. Le seuil de 50 salariés pour le déclenchement d’une série d’obligations légales passerait ainsi à 100. Quant au principe de précaution, il serait supprimé de la Constitution. Le Vendéen veut aussi libérer les entreprises du... Code de travail. Hormis une cinquantaine de « grands principes fondamentaux » intangibles, une branche ou une entreprise pourrait y déroger en cas d’accord collectif.

Déréglementation

« On ne simplifie pas, on enlève, résume Pierre Danon, coordinateur du projet pour le président de LR. Avec cette déréglementation, on est plutôt sur une approche à la Millei », du nom du très libéral président argentin.

Les besoins en capital des entreprises françaises seraient, eux, comblés grâce à la création d’un fonds souverain de 1 000 milliards d’euros. Il s’inscrirait dans une réforme des retraites qui passe par l’ajout d’un étage de capitalisation au système actuel par répartition. Il faudra patienter jusqu’au printemps pour en savoir davantage sur ce terrain. Après le travail en janvier et la compétitivité jeudi, Bruno Retailleau présentera le « troisième bloc » de son programme économique « avant l’été ». Objectif : « faire maigrir l’Etat » et « responsabiliser les dépenses de santé ».

Sur ce dernier point, les entrepreneurs conviés mercredi avaient, justement, des idées pour lui. Car ils sont venus avec leur liste de courses, fournie : baisse des aides à l’apprentissage, délais de paiement, complexité des règles de la commande publique... Les doléances sont nombreuses. « J’ai l’impression d’être à une réunion de la CPME », s’est amusé François Asselin, avec sa double casquette d’ancien président du syndicat patronal et de conseiller de Bruno Retailleau. « Nous sommes des risque-tout emmerdés par des risque-rien », a-t-il résumé.

Le dialogue avec Bruno Retailleau a surtout montré une rébellion des entrepreneurs contre l’explosion du nombre d’arrêts maladie. « Il faut arrêter de se foutre de la gu...e du monde ! », s’est exclamé l’un d’eux, quand un fondateur de start-up racontait: « Ma DRH est en arrêt depuis un mois parce qu’elle n’est pas contente. Et c’est la DRH ! ». Message reçu cinq sur cinq par le candidat. Lui président, les trois jours de carence s’imposeront à tous, dans le public comme dans le privé. « C’est promis, on va traiter cette question », a-t-il assuré.

D’ici là, Pierre Danon a prévu d’aller défendre ce projet auprès des principaux concernés, au travers d’un tour de France des chefs d’entreprise avec François Asselin et Cédric Nouvelot, secrétaire national de LR à l’industrie. Pour cela, il a déjà lancé « les entrepreneurs avec Retailleau », sur le modèle des « entrepreneurs avec Fillon » qu’il avait créé, avec succès, lors de la primaire présidentielle de 2016.