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Présidentielles 2022

Dans une tribune au Figaro, les quatre grands élus refusent de s'en remettre aux «sondages, dont la fiabilité est plus que jamais mise en doute», pour désigner le candidat de leur famille politique.

Le Figaro - Le 5 juillet 2021 - Par Laurent Wauquiez ; Valérie Pécresse ; Bruno Retailleau ; Hervé Morin

Laurent Wauquiez, président LR de la région Auvergne-Rhône Alpes ; Valérie Pécresse, présidente ex-LR de la région Île-de-France ; Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat ; Hervé Morin, président Les Centristes de la région Normandie.

«L'espoir changea de camp, le combat changea d'âme»... Victor Hugo pourrait signer la conclusion de ces élections régionales qui ont vu les idées et les figures de la droite et du centre remporter les plus grandes régions du pays. Oui, nous avons collectivement relevé le défi de la crédibilité et du rassemblement. Les Français mesurent l'efficacité de nos actions aux manettes de nos territoires, surtout par contraste avec un État impuissant et flageolant. 62% des Français pensent aujourd'hui possible qu'un président issu de la droite emporte la présidentielle de 2022.

Enfin, une alternative se dessine au duel annoncé Macron/Le Pen dont les Français répètent inlassablement qu'ils ne le veulent pas. Nos compatriotes, de plus en plus nombreux, voient que nos solutions sont les bonnes pour le pays. L'équipe de France de la droite et du centre prend forme. Mais il nous manque encore un capitaine pour nous mener à la victoire. L'homme ou la femme providentiel que certains espéraient ne s'est pas imposé.

Face à cette situation, le premier risque serait d'encourager la compétition sauvage et les aventures solitaires en faisant du premier tour de l'élection présidentielle le seul moyen de départager les candidatures de notre famille. Nous préférons ne pas imaginer cette hypothèse qui nous empêcherait d'accéder au second tour ! Ce serait nous condamner aux pires divisions au nom même de l'évitement des divisions. Nous rassembler derrière un seul et unique candidat est une condition sine qua non pour ouvrir la voie de la victoire.

L'autre risque serait d'attendre en pariant que le problème se résoudra tout seul, comme par enchantement. Espérer qu'un deus ex machina finisse par trancher cette épineuse question est désormais illusoire ; plus vite elle sera tranchée, plus vite nous pourrons parler d'une seule voix aux Français.

Nous avons donc la responsabilité d'organiser ensemble la compétition et de définir rapidement le mode de désignation de notre candidat à l'élection présidentielle. Que des sondages, dont la fiabilité est plus que jamais mise en doute, fassent office de moyen de sélection de notre candidat ne peut satisfaire personne. Que cette décision éminente soit prise par un cénacle plus ou moins restreint serait tout autant une impasse. Il faut donc s'en remettre au système le plus clair, le plus démocratique : le vote. Un vote populaire, le plus large possible, ouvert à tous les sympathisants de la droite et du centre. Un vote qui donnera force et légitimité au vainqueur et à l'équipe de France qui devra se rassembler autour de lui.

Prétendre qu'il ne serait pas dans l'esprit de nos institutions de choisir un candidat par un vote en amont de l'élection présidentielle est anachronique et absurde. Les racines du gaullisme commandent de nous en remettre d'abord au peuple, plutôt qu'aux sondeurs et commentateurs.

Le rassemblement ne se décrète pas. Pour en créer les conditions, il nous faut d'abord des idées fortes en commun. Et nous les avons : la remise en ordre et le retour du travail dans notre pays, l'allègement des normes et des charges, la suppression des gaspillages de l'argent public, l'équilibre entre les territoires, la promotion du mérite, le développement d'une écologie positive et innovante, la lutte implacable contre l'insécurité, la réduction au strict minimum de l'immigration, la défense des valeurs de la République et du mode de vie français.

Et il nous faut le meilleur candidat pour les porter, avec la force et la légitimité suffisante pour emporter l'adhésion de tous ceux qui aspiraient à être candidat ou qui soutenaient un autre candidat. À condition que les règles du jeu soient rapidement et clairement établies, elles seront acceptées par tous et nous pourrons créer les conditions de ce grand rassemblement.

Pour que tous les responsables de la droite et du centre puissent se mettre d'accord sur ces règles du jeu, nous les appelons à nous retrouver autour d'une table en juillet, aussi vite que possible. Il y a urgence : pour assurer la réussite de cette procédure de désignation, les candidats devront dévoiler leur intention d'ici la rentrée et le vote être organisé dès que possible.

Personne ne doit redouter la concurrence. Elle est saine quand elle repose sur un débat libre, organisé et équitable. La confrontation des arguments et des personnalités de la droite et du centre est non seulement inévitable mais souhaitable. Toutes les candidatures sont légitimes et nous ne connaissons en démocratie qu'un seul moyen pour les départager loyalement : le vote.

Alors choisissons-nous vite un candidat car viendra ensuite le temps de la bataille décisive : celle pour rétablir la France dans ce qu'elle a de plus beau et de plus grand, celle pour ouvrir un nouveau chemin pour notre pays.