Tribune
Pour éviter la division, la compromission programmatique et la multiplication des candidatures, le maire de Cannes, ex-LR et candidat à la présidentielle, appelle, dans une tribune au « Monde », ses concurrents de la droite et du centre à accepter l’organisation d’une primaire.
Le Monde - 25 août 2026 - Par David Lisnard
À huit mois de l’élection présidentielle, regardons la situation avec lucidité. Aucun candidat naturel ne s’impose à droite et au centre. Personne ne dispose d’une légitimité présidentielle incontestable. Cette réalité n’est pas un motif de découragement. C’est un fait politique qu’il faut traiter.
Aucune dynamique sondagière ne propulsera un candidat gagnant. Il apparaît donc incontournable, avant la demi-finale que constitue le premier tour de la présidentielle, d’organiser un quart de finale sous la forme d’une grande primaire ouverte à tous ceux qui se réclament de la droite et du centre. Pour éviter à la fois la division qui fait perdre les élections et la compromission programmatique qui empêchera le redressement du pays.
La primaire ouverte est une confrontation de personnalités et de projets. Elle permettra de découvrir le caractère de chacun et contraindra chaque candidat à exposer ses idées, ses propositions, ses réformes devant les Français. Elle substituera la confrontation des programmes aux manœuvres d’alcôves. Elle transformera ce qui serait une fragmentation suicidaire en processus démocratique fédérateur.
Il ne s’agit pas d’embrasser le programme ou les valeurs des autres candidats, mais de les affronter pour les départager en amont, afin de maximiser les chances d’accéder au second tour. Ceux qui demandent cette compétition ont confiance dans la force de leur projet. Ceux qui veulent s’y soustraire doivent expliquer ce qu’ils craignent.
La primaire ouverte est ensuite une condition de légitimité. L’expérience de la primaire de la droite et du centre de 2016 l’a démontré : plus de 4 millions de Français se sont déplacés pour choisir leur candidat. Cette participation massive a conféré au vainqueur une autorité que nulle désignation interne n’aurait pu lui donner. La démocratie est plus saine et plus efficace que les arrangements entre notables. Cette légitimité populaire est notre meilleur atout. Elle assure que le candidat désigné portera un mandat clair, issu d’un choix libre et éclairé.
La primaire ouverte est enfin une condition de mobilisation. Elle crée une dynamique. Elle suscite l’engagement. C’est la seule démarche capable de concilier l’intégrité d’un projet, l’émergence d’une personnalité nouvelle pour l’incarner et la construction du rassemblement indispensable à la victoire.
Spectre large
Cette primaire doit être accessible à tous ceux qui partagent les principes de liberté, de responsabilité individuelle et d’indépendance nationale. C’est ce que je propose à travers une méthode claire de désignation du candidat de la droite et du centre pour éviter la multiplication inévitable des candidatures et donc la division qui conduirait inévitablement à l’échec et nous exclurait mécaniquement du second tour.
Je ne suis pas naïf, je connais les écarts de convictions et de parcours qu’il y a sur ce spectre large. Il ne s’agit donc pas de demander à chaque perdant de soutenir avec allégresse le gagnant. Mais que chacun s’engage à respecter le résultat et au minimum à ne pas ensuite nuire à la campagne de la gagnante ou du gagnant.
Les Français ne supportent plus l’ambiguïté. Ils ne supportent plus la confusion qui nourrit leur défiance, les postures qui révèlent l’absence de projet, les renoncements qui alimentent le désenchantement. Etre responsable aujourd’hui, c’est comprendre que sans candidat désigné démocratiquement, la droite et le centre ne seront pas en mesure de l’emporter.
Nous ne pouvons être spectateurs de l’effondrement de la France. Organisons cette primaire ouverte selon des modalités précises, fixées rapidement, publiquement, démocratiquement. J’y suis prêt. J’en respecterai le verdict. Que ceux qui veulent présider aux destinées de la nation commencent par accepter cette compétition. Nous sommes face à un choix crucial. Désignons le candidat dans la clarté et la légitimité. Gagnons les élections. Redressons la France, car c’est la seule chose qui compte.
David Lisnard est maire de Cannes (Alpes-Maritimes), président du parti Nouvelle Energie et ancien membre des Républicains
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