Patrick Martin président du Medef et Pierre Lescure ministre de l'Economie et des Finances, au B7 Business Summit 2026. 11/06/2026. Romuald Meigneux/SIPA Paris

Tribune

Lors de la Rencontre des entrepreneurs de France, organisée par le Medef cette semaine, les chefs d’entreprise vont devoir écouter des femmes et des hommes politiques qui, malgré le peu de succès de leur gestion de l’économie, vont prétendre leur expliquer comment sortir du marasme actuel. Les rôles devraient être inversés.

Causeur - 26 août 2026 - Par Sophie de Menthon*

 

Renverser la table ? Ce serait l’occasion ou jamais, à l’occasion de la REF (Rencontre des entrepreneurs de France), jadis appelée Université d’été du MEDEF, qui se déroule ces mercredi et jeudi 26 et 27 août selon la tradition instaurée depuis des décennies. On regrettera au passage le terme « d’université d’été » car nos amis politiques invités auraient grand besoin de s’assoir sur les bancs de ladite université pour écouter les entrepreneurs leur expliquer la vie des entreprises, le pourquoi des échecs et des succès, les conditions de la croissance, etc.

Ce serait en quelque sorte renverser la table que ne pas se résoudre tous les ans à boire les paroles de ceux qui nous gouvernent, si mal, et de ceux qui cette année prétendent accéder au poste suprême. Certes le président du MEDEF a un rôle en quelque sorte politique, ou du moins institutionnel, et il doit continuer à jouer la pièce de théâtre des partenaires sociaux, qui n’ont rien vraiment de partenaires… et il est peut-être judicieux de tenter d’apaiser les conflits et d’écouter ceux que les sondages placent en tête à huit mois de l’élection. 

En cela, le show final de la REF sera un succès médiatique : une méga émission de télévision réunissant les têtes d’affiches, et pour laquelle ils n’auraient probablement pas accepté de figurer ensemble sur un plateau. Quel honneur pour J-L Mélenchon d’avoir, sagement assise devant lui, la France entrepreneuriale buvant ses paroles, lui qui déteste l’entreprise, les riches, le capitalisme, la réussite et tout ce que nous représentons. L’occasion peut-être tout de même de distinguer son programme économique de celui Marine Le Pen ?

Chacun ira de son couplet pour séduire les patrons et leur promettre – on se demande quoi ? la retraite tout de suite ?…

De fait les programmes n’évoquent les entreprises qu’à la marge, sinon pour envisager des taxes. La seule qui ait consacré un livre entier à l’économie est Sarah Knaffo et, bien sûr, elle n’est pas invitée.  Peut-être parce qu’elle est qualifiée d’« extrême droite » ; pourtant son programme économique est aux antipodes absolus de celui des extrêmes.

Donc, il eût fallu assoir tous ces politiques stars des plateaux et des sondages, dans les gradins de Roland Garros devant un plateau de chefs d’entreprises de toutes tailles et de tous secteurs sur la scène pour leur expliquer les bases d’une croissance économique indispensable pour maintenir nos chers acquis sociaux… alors qu’il suffit, mais c’est bien sûr, de mettre la dette au feu, les riches au milieu (proposition de Jean-Luc Mélenchon). 

Ce n’est pas ainsi que l’on va renverser la table et que les entrepreneurs vont enfin se faire écouter et obéir ! Oui : obéir, car ce sont eux qui ont les solutions et qui savent les mettre en place. Aucune répartition de richesses ne se fera sans les 4 millions d’entrepreneurs pour les créer ! La clé est là. 

Qui veut de ces programmes malthusiens, de ces ambitions personnelles, de ces compromis à nos dépens ? Nous sommes prêts à collaborer et à expliquer comment on réduit les dépenses de l’État mais encore faudrait-il que l’on nous écoute… et que le MEDEF oppose une nouvelle et indispensable intransigeance face à tout appel aux compromis.

sophie de menthon square*Sophie de Menthon est présidente du mouvement patronal ETHIC