Emmanuel Macron - Ambition France

Retraites

Les retraités français figurent parmi les mieux lotis des pays occidentaux et leur niveau de vie moyen n'a cessé de s'améliorer au cours des trois dernières décennies.

Le Figaro - 30 août 2018 - Par Marc Landré

Xavier Bertrand, le président de la région Hauts-de-France, l'avait prédit dès janvier 2012, un mois avant l'entrée en campagne de Nicolas Sarkozy. «Les retraités seront les vaches à lait de tous les prochains présidents, confiait alors celui qui était ministre de l'Emploi et de la Santé du gouvernement Fillon. Que ce soit sur la CSG, la dépendance ou le niveau de leur pension, ils vont payer le fait d'avoir un niveau de vie plus élevé que l'ensemble des actifs.» Et ce, alertait-il à l'époque, «même s'ils ont une fonction importante de redistribution intergénérationnelle au sein de leur famille qui risque d'en pâtir». L'avenir, depuis six ans et demi, lui a donné raison.

Le niveau de vie moyen des retraités est supérieur de plus de 6 % à celui de l'ensemble des Français

Cet argument d'un niveau de vie supérieur des retraités est totalement assumé par Emmanuel Macron. «Les pauvres d'aujourd'hui sont souvent moins les retraités que les jeunes», expliquait-il en août 2017 pour justifier l'absence de compensation, pour les retraités touchant plus de 1200 euros de pension par mois, de la hausse à venir de 1,7 point de la CSG. «Je leur demande donc, pour les plus aisés, un effort», précisait-il encore, pour «récompenser le travail».

Sur le papier, les chiffres donnent aujourd'hui raison au président de la République. Les retraités français figurent en effet parmi les mieux lotis des pays occidentaux et leur niveau de vie moyen n'a cessé de s'améliorer au cours des trois dernières décennies pour être désormais supérieur, de plus de 6 %, à celui de l'ensemble des Français.

Un malentendu bien ancré

Le taux de pauvreté des retraités est passé de 30% dans les années 1970 à 8 % en 2015

Mais cette situation n'est que temporaire: ce ratio favorable doit s'effriter à partir de la décennie 2020 et repasser sous le niveau de vie de l'ensemble des Français après les années 2030. Selon les projections du Conseil d'orientation des retraites, le niveau de vie des retraités devrait, à horizon 2060, être inférieur de 6 % à 17 % à celui des Français.

Le président s'appuie encore sur un autre indicateur pour justifier l'effort demandé aux retraités: leur taux de pauvreté est passé de 30 % dans les années 1970 à 8 % en 2015 (et même 4 % pour les seuls 60-69 ans), contre 14 % pour l'ensemble de la population et près de 20 % chez les jeunes. Résultat, le nombre de bénéficiaires du minimum vieillesse a été divisé par six, passant de 3 millions à l'époque à moins de 500.000 actuellement.

La dernière raison pour laquelle Emmanuel Macron reste inflexible est liée à une forme de malentendu bien ancré dans l'opinion. Contrairement à ce qu'ils pensent, les retraités n'ont pas cotisé pour leur propre retraite, mais pour financer les pensions de leurs prédécesseurs. C'est le principe du régime par répartition (les actifs payent les pensions des retraités), auquel les Français tiennent tant. Ils n'ont donc pas capitalisé pour leurs vieux jours, pas plus qu'ils n'ont droit à un niveau de pension défini. Leur affiliation au régime des retraites leur donne «simplement» la garantie de toucher à terme une prestation dont le montant sera défini par les règles en vigueur au moment de son versement.

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