International

La Turquie a affirmé lundi qu'elle continuerait de combattre une milice kurde en Syrie soutenue par Washington, faisant fi des avertissements lancés la veille par le président des États-Unis.

 

Le Figaro Premium - 14 janvier 2019 - Par la rédaction

«Nous dévasterons la Turquie économiquement si elle attaque les Kurdes», a menacé dimanche soir Donald Trump. Avant le retrait annoncé des troupes américaines de Syrie, le président des États-Unis appelle à la création d'une «zone de sécurité» de 30 kilomètres, sans plus de précisions sur sa localisation ou sur son financement. Dans le même temps, Washington demande aux Kurdes de «ne pas provoquer la Turquie». La milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG) est ces dernières années l'un des principaux sujets de discorde entre la Turquie et les États-Unis, deux alliés au sein de l'Otan dont les relations se sont sensiblement dégradées depuis 2016..

tweet trump1

La brutalité de l'avertissement a surpris et provoqué une réaction d'indignation des autorités turques qui ont invité lundi les États-Unis à honorer le partenariat stratégique qui les lie à la Turquie. Réagissant au tweet du président américain, le chef de la diplomatie turque, Mevlüt Cavusoglu, a notamment estimé que des alliés ne «devraient pas communiquer par l'intermédiaire des réseaux sociaux». «Menacer la Turquie sur le plan économique ne mènera à rien», a ajouté le ministre turc des Affaires étrangères. Ce dernier s'est en revanche dit ouvert à l'idée d'une «zone de sécurité» qui permettrait de maintenir à distance les combattants des deux camps.

Les tempétueuses déclarations du président américain interviennent alors que le secrétaire d'État, Mike Pompeo, effectue une tournée au Moyen-Orient. La visite est notamment destinée à rassurer les miliciens alors que la tension est montée entre les États-Unis et la Turquie sur leur sort. Mike Pompeo a assuré à ces derniers qu'ils pouvaient continuer à compter sur la protection des États-Unis malgré le retrait, annoncé par Donald Trump en décembre, des 2000 soldats américains déployés en Syrie pour combattre l'État islamique. Cette annonce a fragilisé la situation des YPG, principale milice kurde de Syrie et épine dorsale sur le terrain de la lutte contre Daech, qui redoutent d'être la cible du voisin.

Ultime assaut contre Daech

Ankara qualifie ces miliciens kurdes de «terroristes» en raison de leurs liens présumés avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui livre une guérilla sur le territoire turc depuis 1984. Elle ne cache pas son intention de lancer une offensive contre eux pour éviter la formation, à ses portes, d'un embryon d'État kurde susceptible de raviver le séparatisme des Kurdes de Turquie. Ankara avait réagi vivement à des informations selon lesquelles Trump envisageait de conditionner le retrait des soldats américains à la sécurité des combattants kurdes. Une visite la semaine dernière à Ankara du conseiller américain à la sécurité nationale, John Bolton, n'a pas permis de surmonter les désaccords entre les deux pays.

Les autorités américaines se sont pour l'instant gardées d'évoquer le moindre calendrier de retrait. Et Donald Trump a d'ailleurs prévenu dimanche que les États-Unis attaqueraient de nouveau l'EI depuis les bases américaines situées dans la région si le groupe se reformait. «La Russie, l'Iran et la Syrie ont été les plus grands bénéficiaires de la politique américaine de long terme de destruction du groupe État islamique en Syrie - des ennemis naturels. Nous en bénéficions aussi mais il est temps maintenant de faire rentrer nos troupes à la maison. Stop aux GUERRES SANS FIN.»

Partagez cet article
  1. Commentaires (0)

  2. Ajouter le votre
Voté 0 sur 5 basé sur 0 voteurs
Il n'y a pas encore de commentaires postés ici

Ajouter vos commentaires

  1. Poster en tant qu'invité.
Rate this post:
0 Caractères
Pièces jointes (0 / 3)
Partager votre emplacement
Tapez le texte présenté dans l'image ci-dessous. Pas clair?

Ajoutez votre commentaire

5000 caractères restants


Nos Visiteurs

176762
Aujourd'huiAujourd'hui373
HierHier595
Cette semaineCette semaine3997
Ce mois-ciCe mois-ci14277
Depuis toujoursDepuis toujours176762
Le jour le plus visité et pays d'origine du dernier visiteur 01-13-2019 : 1097
?
UNKNOWN

Vous connecter

Notre Lettre d'Information

Abonnez-vous et recevez gratuitement la Lettre Ambition France.
Civ.
J'accepte que mes données personnelles soient conservées par Ambition France
Si vous ne souhaitez plus recevoir notre Lettre d'Informations, merci de vous désinscrire ci-dessus après avoir rempli tous les champs
Voir notre politique de confidentialité

Acteurs Société Civile

Europe - Consultations citoyennes