Politique

Depuis la brusque fin de ses six mois de CDD comme numéro 2 de LR, elle était restée discrète. L’UDI aimerait la rallier en vue des européennes.

 

L'Opinion.fr - 2 décembre 2018 - Par Ludovic Vigogne

L’ex-numéro 2 des Républicains organise mardi les troisièmes Etats généraux de la liberté. Ce sera l’occasion de son retour. Virginie Calmels a été démise de son poste de vice-présidente des Républicains le 17 juin par Laurent Wauquiez. La première adjointe au maire de Bordeaux avait exprimé à de multiples reprises ses divergences avec lui sur la ligne du parti.

Virginie Calmels n’a pas remis les escarpins au 238 rue de Vaugirard depuis son éviction. L’ex-numéro 2 des Républicains, démise de son poste de vice-présidente par Laurent Wauquiez le 17 juin, ne s’est pas rendue aux bureaux politiques organisés depuis au siège du parti, à Paris. Et pour cause : elle ne reçoit plus de convocation. Elle n’était membre de cette instance qu’en raison de son titre.

Au lendemain de son limogeage, l’ex-patronne d’Endemol a fait quelques télés et puis s’est tue. La première adjointe au maire de Bordeaux s’est repliée sur ses activités locales. Sur le plan national, on ne l’a entendue que sur RMC au micro de Maïtena Biraben, le 3 septembre ; on l’a lue ici ou là signataires de tribunes défendant ses idées. C’est tout. « J’ai voulu me mettre en retrait du commentaire politique », dit-elle.

Cette semaine, elle sort de sa discrétion, à l’occasion de la troisième édition des Etats généraux de la liberté. Orchestrés par son mouvement Droite Lib, ils accueilleront à Paris différents think tanks défendant, comme elle, un credo libéral, décentralisateur, anti-étatiste et européen.

L’an dernier, c’est Laurent Wauquiez qui avait conclu le rendez-vous. « Il s’était mis la salle dans la poche. Elle lui était pourtant, au départ, très hostile », se souvient Virginie Calmels. A l’époque, entre eux, c’était la lune de miel. Alors candidat à la présidence de LR, le représentant de l’aile droite du parti était satisfait du bon coup qu’il avait réussi : rallier à sa bannière une juppéiste. Tandis que son camp n’était plus qu’un champ de ruine, celle qui n’avait adhéré à LR qu’en 2015 s’emparait, elle, déjà, de la place de numéro 2…

« Santé mentale ».

Aujourd’hui, elle ne regrette en rien que l’aventure, qui s’était si vite gâtée entre eux, soit finie. « Il fallait que cela s’arrête. C’était indispensable à ma santé mentale », confie-t-elle. L’entourage de Laurent Wauquiez n’en est pas plus peiné. « Chez les militants, son départ n’a pas fait bouger quoi que ce soit d’une virgule », raconte un membre de la direction de LR. « Elle n’a pas laissé de vide. On en parle peu. On s’est rendu compte que c’était une bulle », ajoute un autre.

Virginie Calmels est toujours adhérente des Républicains. « Je reste pour le moment. Je ne sais pas si je reprendrai ma carte l’année prochaine », explique-t-elle. En vue des élections européennes de mai, l’UDI, qui lancera sa propre liste, a pris contact avec elle. Certains centristes assurent que le parti centriste aimerait en faire sa numéro 2. Mais Jean-Christophe Lagarde, le président de l’UDI, le dément, assurant que c’est l’ex-patronne d’Endemol qui « cherche à se mettre sur le marché ». Elle a une conviction : « Il y a un espace politique évident entre Emmanuel Macron et Laurent Wauquiez. Qui l’occupera ? » Mais le temps de choisir n’est pas venu : « Ce n’est pas le timing pour une écurie présidentielle. »

Pour éviter de se lancer, de nouveau, dans une aventure sans lendemain, Virginie Calmels s’en tient à trois principes. 1. Elle revendique être une femme de droite. 2. Elle « se félicite tous les jours » de ne pas s’être rapprochée de La République en marche « car Emmanuel Macron n’est pas libéral mais étatiste ». 3. Elle est d’abord une femme de la société civile qui « aime l’action ». C’est son ADN. C’est ce qu’elle pense démontrer à Bordeaux où l’adjointe d’Alain Juppé a en charge les questions d’emploi. Hermès, Deezer, Ubisoft… se sont installés dans la cité girondine. Les créations d’emplois ont été multipliées par 11 depuis 2014. Sur son périmètre, elle a réalisé 30 % d’économies. « J’ai un vrai épanouissement car j’ai des résultats concrets », se rengorge celle qui est aussi chef de l’opposition à la région Nouvelle Aquitaine.

La question de Fillon.

Durant la campagne présidentielle, François Fillon lui avait demandé quel ministère elle aimerait. « Bercy ? » lui avait-il soufflé. « Ou le Budget », avait-elle répondu, sans trembler, à un homme qu’elle est l’une des rares à voir encore grâce à son compagnon, Jérôme Chartier, filloniste historique. « Les dépenses publiques » sont le « dada » de Virginie Calmels. Redéfinir le périmètre de l’Etat, mettre en place une vraie politique de ressources humaines dans la fonction publique devraient être, selon elle, les priorités du pouvoir. « C’est le nœud du problème politique. Depuis quarante ans, on n’a eu que des étatistes », déplore-t-elle.

Mardi, les Etats généraux de la liberté débuteront par une analyse du politologue Dominique Reynié du phénomène des Gilets jaunes. Même si un monde les sépare, Virginie Calmels s’en veut solidaire. « Le ras-le-bol fiscal est à l’origine de mon engagement politique », justifie-t-elle. Face à lui, elle constate l’effondrement du système Macron et la faiblesse de LR avec inquiétude : « On va tout droit vers Marine Le Pen en 2022 ».

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