Gouvernement

Le chef de l’État a profité du huis clos du second séminaire gouvernemental, le 11 septembre dernier, pour agiter la menace d’un remaniement. «Si vous ne changez pas, je vous change!», a-t-il tonné.

Le Figaro premium - 16 septembre 2019 - Par Marcelo Wesfreid

Les murs tremblent encore. Peu satisfait du travail de certains de ses ministres, qu’il juge trop à la main de leur administration et trop passifs dans leur communication, Emmanuel Macron leur a adressé un sévère avertissement... Doublé d’un ultimatum. Dans le huis clos de la seconde séance de séminaire gouvernemental, le 11 septembre dernier à l’Élysée, le chef de l’État les a carrément menacés d’un remaniement. «J’aurais pu changer tout le monde autour de la table», a-t-il lancé, selon nos informations. «Je vous ai gardés mais je vous ai demandé de changer un peu. Si vous ne changez pas, je vous change! Vous avez deux mois pour donner du sens à ce que vous faites, le communiquer, et suivre l’exécution des réformes», a-t-il poursuivi, concédant que beaucoup de choses sont lancées mais qu’elles demeurent inconnues du grand public, faute de suivi. «Je ne suis pas là pour faire ce que vous n’arrivez pas à faire», a-t-il tonné.

XVMae08b60c d7d2 11e9 a2ae fd2f0a63201b 300x400Le président de la République est convaincu que l’une des raisons de la colère des «gilets jaunes» vient de l’absence de résultats visibles depuis 2017. Du coup, le sommet de l’exécutif s’est doté d’un instrument de mesure, on ne peut plus atypique. Il s’agit ni plus ni moins d’une application pour smartphone, faite sur mesure, qui permet de suivre l’avancement des réformes clés. Cela s’appelle «le tableau de bord de la Transformation publique». Il suffit d’y entrer une thématique et un pourcentage apparaît. Comme une sorte de curseur de l’avancement des dossiers. Où en est-on du Brexit? Où en est-on du dédoublement des classes de CP dans les zones les plus défavorisées? Quid du contrôle continu au Bac?

C’est le secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kohler, et le directeur de cabinet du premier ministre, Benoît Ribadeau-Dumas, qui pilotent cet outil, en compagnie de Thomas Cazenave, délégué interministériel à la transformation publique et accessoirement candidat LREM aux municipales à Bordeaux. Le président de la République a fait sensation, le 4 septembre, lors du premier séminaire gouvernemental, en indiquant qu’il en avait les codes et qu’il regardait régulièrement ce tableau de bord. Une façon de mettre à nouveau la pression sur ses ministres, en les contrôlant depuis son téléphone. «Ça a jeté un froid», témoigne un participant. Ce tableau numérique n’est pas le seul levier pour améliorer l’exécution des réformes. Jusqu’alors plafonnés à dix membres, les cabinets des ministres seront dotés désormais d’un onzième conseiller. Selon La Lettre A , il sera chargé de la mission «delivery unit». Entendez: le suivi concret des réformes.

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