Politique

Le polémiste Eric Zemmour a suscité une nouvelle controverse en réitérant, samedi devant le Bataclan, des propos sur François Hollande, qu'il accuse de "ne pas avoir protégé les Français" avant les attentats du 13-Novembre. Des propos, tenus en pleine commémoration, ayant suscité une réponse de l'ancien président de la République.

LCI.fr - le 14 novembre 2021 Par Vincent Michelon

Eric Zemmour à l'origine d'une nouvelle polémique, cette fois à propos des attentats du 13 novembre 2015. Alors que la France commémorait les six ans du drame, samedi, le polémiste s'est rendu en soirée devant la salle du Bataclan, où 90 personnes ont été tuées lors de ces attaques.

Sur place, il a réitéré des accusations tenues les jours précédents à l'encontre de l'ancien président François Hollande, qu'il accuse de "ne pas avoir protégé les Français" en laissant des réfugiés entrer sur le territoire dans les mois qui ont précédé les attentats.

Assurant se fonder sur le témoignage de François Hollande cette semaine au procès des attentats du 13-Novembre, Eric Zemmour a expliqué, samedi soir, que l'ancien chef de l'État "savait que des terroristes seraient infiltrés parmi les migrants" et qu'il "n’a pas arrêté le flot des migrants". "J'ai simplement dit ce qui est arrivé", a-t-il insisté. "Donc François Hollande ne l’ignorait pas, il n’a pas protégé les Français. Il a pris une décision absolument criminelle de laisser les frontières ouvertes", a ajouté le polémiste, évoquant une "guerre de civilisation" sur le sol français.

Dimanche matin, sur Europe 1, Marion Maréchal a dit "ne pas croire qu'il y ait eu de l'intentionnalité de François Hollande", tout en estimant, à l'instar du polémiste, que "son irresponsabilité à l'époque a été criminelle".

Des propos "infondés" et "indignes", selon Hollande

"Les propos des extrêmes droites, et notamment les déclarations d'Eric Zemmour, sont à la fois infondées, indécentes et indignes", a répondu François Hollande dimanche matin sur Radio J. "Tous ceux qui sont dans le dévoiement, la dérive, l'hystérisation, la manipulation [...] doivent être mis de côté dans le pacte républicain."

"Les terroristes du 13 novembre sont venus de Belgique, ils sont belges ou français", a-t-il souligné, rappelant par ailleurs les mesures prises à l'époque pour "contrôler les arrivées extérieures" à l'Union européenne. "C'est indécent d'être devant le Bataclan, de parler de guerre de civilisation devant le bâtiment lui-même" en reprenant "le langage même des terroristes". Et c'est "indigne parce que ça laisse penser que ceux qui ont dirigé la France sont des criminels", a ajouté François Hollande.

Un peu plus tôt, sur Twitter, l'ancien Premier ministre Manuel Valls a dénoncé des "mensonges". "Il ne s’agit pas seulement de s’indigner face à de tels propos, mais de répliquer point par point aux mensonges distillés par ce personnage dont le seul but est de semer le doute et la haine", a-t-il déclaré.

Les trois assaillants qui ont perpétré les attaques du Bataclan au nom de l'État islamique, le soir du 13 novembre 2015, étaient nés en France.

"Profanateur de sépulture"

Réaction vigoureuse, aussi, du côté des victimes et de leurs proches. Arthur Dénouveaux, président de l'association de victimes Life for Paris, a qualifié sur Twitter Eric Zemmour de "profanateur de sépulture". "Aucun politique n'avait jamais parlé un 13 novembre sur un des sites visés", a-t-il pointé, évoquant dans un communiqué une "règle tacite" respectée depuis le drame.

"C'est de la lâcheté politique que d'utiliser ces victimes. Ce n'est pas possible d'utiliser de fausses informations, infondées et injustes pour raviver cette douleur", a abondé sur BFMTV Me Samia Maktouf, avocate d'une quarantaine de parties civiles au procès en cours des attentats.

Vincent Michelon