Dépenses publiques

Les grandes lignes du budget montrent que les dépenses de l’État continueront d’augmenter l’an prochain. Le gouvernement n’annonce aucune mesure d’économies d’ampleur.

Le Figaro - 15 juillet 2019 - Par Guillaume Guichard

Elle court, elle court, la dépense publique… Les grandes lignes du budget dévoilées la semaine dernière par le ministre des Comptes publics indiquent que les dépenses de l’État vont continuer d’augmenter de 0,5 % l’année prochaine en volume. Elles devraient garder ce rythme en 2021, avant de décélérer en 2022 (+ 0,2 %). En réalité, l’exécutif semble incapable de faire des économies.

Au printemps, Emmanuel Macron est revenu sur ses ambitions en matière de baisse du nombre de fonctionnaires et vient de renoncer à des mesures d’économies sur les retraites.

Malgré cela, le gouvernement continue d’afficher une baisse de trois points des dépenses publiques d’ici à 2022, grâce aux taux d’intérêt bas et à une croissance modeste mais résistante. En avril, le FMI jugeait ces perspectives officielles assez peu réalistes.

L’exécutif recule sur la baisse des dépenses

dette franceFINANCES PUBLIQUES Un petit trou dans le budget d’une agence de l’État ? Inventons une nouvelle taxe ! La semaine dernière, Emmanuel Macron a décidé de créer un nouveau prélèvement sur les billets d’avion afin de financer l’Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF), qui finance le développement et l’entretien des réseaux de transport. Ses ministres les plus écologistes n’en voulaient pas, le président leur a forcé la main. L’écotaxe sur les billets a deux avantages : elle rapportera 182 millions d’euros et permet de remplir en partie la demande des « gilets jaunes » de taxer davantage l’avion.fonctionnaires 2019

Cette anecdote fiscale est révélatrice. Faute de dégager des moyens en réalisant des économies par ailleurs, l’exécutif succombe à la facilité - il crée une taxe. Plus généralement, à voir à l’œuvre la majorité, réduire le train de vie de l’État ou son périmètre semble devenu impossible. Ce que l’on sait du projet de budget pour 2020 ne permet pas de lutter contre cette impression. Les dépenses publiques augmenteront de 0,5 % l’année prochaine en volume. Elles devraient garder ce rythme en 2021, avant de décélérer en 2022 (+ 0,2%).

Au sein de l’État, les seules dépenses pilotables, celles sur lesquelles le gouvernement peut réellement agir, augmenteront également de 0,5 % l’année prochaine, soit de 4,6 milliards d’euros. D’ici à 2022, elles enfleront de 14 milliards d’euros.

Le projet de budget de l’État 2020 ne fera qu’un grand perdant : le logement, via la contemporanéisation des APL. L’État coupera donc dans ses dépenses d’intervention, en l’occurrence une aide sociale, plutôt que dans sa structure même pour faire d’économies. Seul le ministère de l’Action et des Comptes publics sabre franchement dans ses effectifs grâce à la numérisation de nombreuses démarches fiscales et au prélèvement à la source. Le premier des deux pôles de Bercy supprimera ainsi 10 000 postes sur la durée du quinquennat - le chiffre pour 2020 n’est pas encore connu. Cela compensera juste la création de 10 000 postes dans les forces de l’ordre.

Quant au grand plan de réforme de l’État, « Action publique 2022 », il a dû tomber dans les douves qui entourent Bercy et y être oublié. « Le programme censé alimenter la stratégie gouvernementale de réduction de la dépense publique pour prendre le relais des premières réformes structurelles mises en œuvre dans les secteurs de l’emploi et du logement n’est même plus mentionné dans le rapport préparatoire au débat d’orientation des finances publiques (DOFP), alors qu’il l’était à sept reprises l’an dernier », regrette Albéric de Montgolfier, dans son rapport préparatoire au débat sur la trajectoire des finances publiques (DOFP).

Le FMI ne croit pas à ces prévisions

Le gouvernement présente donc une prestation qui défie les lois des finances publiques. D’autant plus qu’il maintiendra le déficit public autour de 2 % entre 2019 et 2020 tout en baissant massivement les impôts - le taux de prélèvements obligatoires diminuera de 54,4 % en 2018 à 53,2 % du PIB en 2020. Sans réaliser, en contrepartie, des économies de même ampleur. Il n’y a pas de finances magiques. S’il y parvient, c’est grâce à la croissance et aux taux d’intérêt très bas. Cet alignement des astres ne durera pas éternellement.

Sur l’échelle du quinquennat, l’exécutif continue d’afficher une baisse de trois points des dépenses publiques d’ici à 2022, conforme aux promesses de campagne, de 55 % en 2017 à 52,1 % du PIB en 2022. Comment pourra-t-il y parvenir ? Grâce, certes, aux taux d’intérêt bas et à une croissance modeste mais résistante. Mais pas seulement. Dans le détail, l’État, qui porte l’essentiel du poids des baisses d’impôt, traînera toujours un fort déficit à l’issue du quinquennat. Ce sera par conséquent aux collectivités locales et aux administrations de Sécurité sociale de compenser ces pertes en dégageant des excédents de financement et réduire le déficit public de 2,5 % en 2018, à 1,3 % en 2022. Les économies attendues de la réforme de l’assurance-chômage joueront ainsi un grand rôle, de même que les efforts réclamés par l’exécutif aux collectivités sur leurs dépenses de fonctionnement.

Le Fonds monétaire international (FMI) ne croit pas à ces prévisions officielles. Dans ses projections d’avril, il estime que la France affichera un déficit public de 2,5 % en 2022, soit le même niveau, peu ou prou, qu’en 2018. Ce scénario est d’autant plus crédible que l’exécutif a renoncé à faire des économies de court terme sur les retraites en repoussant l’âge de départ dès 2020.

Partagez cet article
  1. Commentaires (0)

  2. Ajouter le votre
Voté 0 sur 5 basé sur 0 voteurs
Il n'y a pas encore de commentaires postés ici

Ajouter vos commentaires

  1. Poster en tant qu'invité.
Rate this post:
0 Caractères
Pièces jointes (0 / 3)
Partager votre emplacement
Tapez le texte présenté dans l'image ci-dessous. Pas clair?

Ajoutez votre commentaire

5000 caractères restants


Nos Visiteurs

176765
Aujourd'huiAujourd'hui376
HierHier595
Cette semaineCette semaine4000
Ce mois-ciCe mois-ci14280
Depuis toujoursDepuis toujours176765
Le jour le plus visité et pays d'origine du dernier visiteur 01-13-2019 : 1097
?
UNKNOWN

Vous connecter

Notre Lettre d'Information

Abonnez-vous et recevez gratuitement la Lettre Ambition France.
Civ.
J'accepte que mes données personnelles soient conservées par Ambition France
Si vous ne souhaitez plus recevoir notre Lettre d'Informations, merci de vous désinscrire ci-dessus après avoir rempli tous les champs
Voir notre politique de confidentialité

Acteurs Société Civile

Europe - Consultations citoyennes