Dépenses publiques

Grâce à la BCE et aux bonnes rentrées fiscales, l'éxécutif parvient à financer les mesures post "gilets jaunes"

Les Echos - 27 septembre 2019 - Par Etienne Lefebvre

Un budget d'équilibriste, pas un budget d'équilibre (loin de là). Après avoir lancé les grandes réformes fiscales en 2018, confirmées l'année suivante, Emmanuel Macron ouvre l'acte II du quinquennat avec un budget 2020 teinté de jaune et de vert, qui vise à ne pas ranimer le feu social tout en répondant, dans la mesure des moyens disponibles, à l'urgence climatique. La crise des « gilets jaunes » avait bouleversé la programmation des finances publiques dès l'hiver dernier, poussant le chef de l'Etat à redistribuer avant l'heure le fruit des réformes. Ces mesures en faveur du pouvoir d'achat tombent finalement à pic au vu du contexte économique mondial de plus en plus pesant. La France résiste mieux au ralentissement que le reste de l'Europe, et le gouvernement espère prolonger cette exception tricolore. Le tout sans (trop) changer le cap du soutien à la compétitivité, même si les entreprises devront patienter pour voir s'accélérer la baisse de l'impôt sur les sociétés.

Au final, les mesures sociales et l'abandon de la taxe carbone - 17 milliards quand même - conduisent à un dérapage budgétaire par rapport à l'ambition du début du quinquennat (déficit public prévu à 2,2 % de PIB en 2020, au lieu de 1,5 %), mais pas à une sortie de route. Car Bercy bénéficie à plein de la politique expansive de la BCE, avec des intérêts de la dette qui ne cessent de diminuer à mesure que celle-là augmente ! Par ailleurs, les  impôts rentrent à bon rythme, et des efforts d'économies subsistent, du côté de l'assurance-chômage. Le déficit est ainsi stabilisé entre 2019 et 2020, hors effet CICE.

Mais en cas de retournement plus marqué, le gouvernement se trouverait démuni. D'où ses appels répétés à une relance budgétaire à l'échelon européen. L'idée qu'il faut profiter de la faiblesse des taux pour investir fait son chemin, mais l'exécutif reconnaît qu'elle n'est guère pertinente dans l'Hexagone, où l'endettement frôle les 100 % de PIB et le déficit budgétaire les 100 milliards.

La France investit quand même, dans la formation et la transition environnementale - le budget des infrastructures de transport prend du muscle -, mais elle le fait à moitié, parce qu'elle n'a pas redressé ses finances comme ses voisins l'ont fait. Et parce qu'elle a mis de côté les mesures qui fâchent (suppressions de postes de fonctionnaires, économies sur les retraites).

L'orientation économique générale reste la bonne et une voie de passage budgétaire existe pour la suite du quinquennat, si les résultats croissants de la politique de l'offre complètent le soutien à la demande. Mais cette voie est étroite et sera politiquement exigeante.

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