Gabriel Attal

Entretien

Le nouveau porte-parole du gouvernement revient sur le remaniement et ses conséquences.

Le Figaro - 8 juillet 2020 - Par Mathilde Siraud

LE FIGARO. - Avec la promotion et l’arrivée de sarkozystes, ce gouvernement ne penche-t-il pas trop à droite?

Gabriel ATTAL. - Comme toujours depuis 2017, les Républicains disent que c’est un gouvernement de gauche, la gauche dit que c’est un gouvernement de droite: cela signifie qu’il doit être équilibré! La vérité, c’est que le gouvernement incarne le dépassement des clivages traditionnels. Quand on fait venir des personnalités politiques, elles ont forcément servi sous un autre quinquennat. Je ne me souviens pas qu’en 2017, on ait dit que le gouvernement était un gouvernement à la main de François Hollande ou à la main d’Alain Juppé alors que l’un de ses proches avait été nommé premier ministre. La force du président, c’est de choisir des gens non pas pour ce qu’ils sont mais pour ce qu’ils font, non pas pour d’où ils viennent mais pour où ils veulent aller. Les ministres sont avant tout là pour leurs convictions très fortes et leur envie d’agir. Nous serons jugés sur les actes.

Comprenez-vous le mouvement de colère des magistrats contre la nomination d’Éric Dupond-Moretti?

Un constat s’est imposé depuis des années: un affaiblissement de la confiance des citoyens dans leur justice, comme de la confiance mutuelle entre magistrats et avocats. J’ai la conviction qu’Éric Dupond-Moretti, par son expérience et son volontarisme, est la personne idéale pour rétablir cette confiance et pour réconcilier. Vous verrez, «acquittator» sera vite surnommé «réconciliator»!

Comment seront déclinés les quatre axes présentés par Emmanuel Macron, mardi?

L’objectif est de redonner à chaque Français la maîtrise de son destin. En clair, avoir un emploi, appartenir à une nation qui le protège et lui permet de s’émanciper, mesurer chaque jour que le territoire sur lequel il vit peut innover, se différencier. Tout cela dans une Europe souveraine. Cette ambition sera au cœur des prises de parole du président et du premier ministre. Elle s’incarnera par des actes très forts, un plan de relance massif, une ambition sur la République, sur l’environnement. Le gouvernement sera au travail tout l’été pour préparer une rentrée qui sera difficile.

Quelle place pour l’écologie?

Avec ce gouvernement, les bases sont posées pour une accélération sur l’écologie au-delà d’un bilan de trois premières années dont nous n’avons pas à rougir. C’est un engagement du président qu’il a pris devant la Convention citoyenne pour le climat et qu’il a réaffirmé en Conseil des ministres. Pour porter ces actes, il faut une personnalité forte. Barbara Pompili est une militante de la cause écologiste depuis toujours. Toutes nos décisions d’investissements seront guidées par cet impératif écologique. La relance sera verte!

Ce poste nécessite de la clarté et de l’humilité : je ne suis pas là pour donner des leçons

Gabriel Attal, nouveau porte-parole du gouvernement

Ce «nouveau chemin», c’est avant tout le maintien du cap initial…

Un nouveau chemin, ce n’est pas un reniement. C’est considérer que la donne change, parce que notre pays vit une crise sanitaire et une crise économique inédites dont nous devons tenir compte pour atteindre nos objectifs. Le cœur de notre projet, c’est de permettre aux Français de s’émanciper, de se former, de trouver un emploi pour être libre et indépendant, que l’autorité de la République demeure. Nous travaillerons pour cela d’arrache-pied du premier au dernier jour.

Que signifie le changement de méthode?

Le mouvement des «gilets jaunes» et la crise du coronavirus ont apporté des enseignements sur la manière de gouverner le pays: associer davantage les citoyens, donner plus de marges de manœuvre aux territoires pour réagir et prendre des initiatives. L’une des premières incarnations de ce changement, c’est la Convention citoyenne pour le climat. Un nouveau dialogue s’installe: le premier ministre réunira la semaine prochaine l’ensemble des partenaires sociaux, une conférence des territoires sera lancée. Tout sera mis sur la table: de l’emploi jusqu’aux retraites.

Quels sont l’objectif et l’ordre du jour du séminaire gouvernemental?

Se mettre en ordre de marche pour agir immédiatement. L’ampleur de la tâche nécessite un collectif fort et coordonné. Elle impose ainsi de dépasser les silos ministériels pour relever les défis de la crise. Le premier ministre nous a d’ailleurs annoncé qu’il réunirait à intervalle très régulier tout le gouvernement pour traiter ensemble des grands chantiers.

Comment appréhendez-vous cette nouvelle mission de porte-parole du gouvernement?

Ce poste nécessite de la clarté et de l’humilité: je ne suis pas là pour donner des leçons. Je voudrais rencontrer mes prédécesseurs, mais aussi ceux des précédents quinquennats comme Luc Chatel, Stéphane Le Foll ou encore Valérie Pécresse et François Baroin pour recueillir leurs conseils.

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