Conseil des ministres_ Fonction publique

Fonction Publique

Le projet de réforme de la fonction publique a été présenté ce mercredi en Conseil des ministres. Avant son examen au Parlement, le chef de l'Etat devrait en outre « évoquer un certain nombre d'évolutions » dans la haute fonction publique.

Les Echos - 27 mars 2019 - Par Leïla de Comarmond

S'attaquer à la haute fonction publique, Emmanuel Macron, lui-même issu de ses rangs, s'y était engagé dans son livre « Révolution ». La réforme de la fonction publique présentée ce mercredi en Conseil des ministres ne reprend qu'à la marge cette promesse avec l'élargissement des possibilités de recruter des contractuels. Le volet consacré à la haute fonction publique dans le projet de loi devait au départ être autrement plus musclé. Mais la crise des « gilets jaunes » est passée par là. Le chef de l'Etat devait ouvrir le dossier le 12 décembre dernier devant les 1.800 plus hauts cadres de l'Etat. Le rendez-vous avait été repoussé sine die.

Boomerang

Ironie de l'histoire, le sujet s'apprête à revenir en boomerang à la suite du mouvement de contestation sociale. « Comme c'est un sujet qui est mis dans le grand débat , le président de la République et le Premier ministre auront sans doute l'occasion [...] avant le débat parlementaire [sur la réforme de la fonction publique] d'évoquer un certain nombre d'évolutions », a déclaré le ministre de l'Action et des Comptes publiques, Gérald Darmanin, à l'issue du Conseil des ministres. Celui-ci avait évoqué un plan de départ volontaire pour les hauts fonctionnaires . « Si vous n'avez pas compris précisément ce que j'ai dit, c'est normal puisqu'on attend de savoir ce que pensera et dira le président de la République », a ajouté, en souriant, l'ancien maire de Tourcoing.

Gérald Darmanin est aussi revenu sur la question du temps de travail des fonctionnaires de l'Etat, dont un rapport de l'Inspection générale des finances a chiffré à 190.000 le nombre travaillant moins que 35 heures en moyenne sans sujétions particulières. Le sujet de la durée du travail figure bien au programme de la réforme, mais seulement pour la fonction publique territoriale avec l'obligation pour les élus dans les douze mois suivant les prochaines élections de s'y attaquer.

« Balayer devant sa porte »

« Les questions de temps de travail notamment à l'Etat, seront évidemment évoquées dans le cadre du débat parlementaire », a prévenu Gérald Darmanin. « L'Etat doit balayer devant sa porte, c'est le sens du rapport de l'IGF, a insisté le secrétaire d'Etat à la Fonction publique, Olivier Dussopt. Nous aurons l'occasion d'en rediscuter pour voir ministère par ministère, corps par corps, pour faire en sorte que l'équité et l'efficacité soient au rendez-vous », a-t-il ajouté.

« Ils ont lancé un ballon d'essai avec le rapport, même s'il n'y a pas besoin de nouvelles dispositions législatives, on voit difficilement comment la réforme pourrait rester muette sur le sujet », commente un acteur territorial.

Olivier Dussopt s'est, par ailleurs, attaché à mettre en avant la dimension très opérationnelle de la réforme. La transformation des administrations conduira à des suppressions de postes, mais les agents concernés pourront être réaffectés dans d'autres services à la faveur de départs en retraite par exemple. C'est ainsi que l'objectif de baisse de 50.000 du nombre de fonctionnaires de l'Etat, qu'a réaffirmé le secrétaire d'Etat, sera atteint d'ici à la fin du quinquennat.
Le projet de loi est rejeté par les neuf syndicats (CGT, CFDT, FO, FSU, Solidaires, Unsa, FA-FP, CFE-CGC, CFTC), qui dénoncent « un passage en force » et accusent le gouvernement de vouloir une fonction publique alignée sur les règles du secteur privé, au détriment du statut de fonctionnaire et de l\'indépendance des agents à l\'égard du pouvoir. Des rassemblements étaient organisés ce mercredi, notamment devant les préfectures. A Paris (photo), plusieurs centaines d\'agents se sont rassemblés non-loin de l\'Elysée pour dénoncer le projet de loi. Ils étaient 80 à Nantes et une quarantaine à Lille. - Bertrand Guay/AFP

2255803 la reforme de la haute fonction publique refait surface web tete 060978345527Le projet de loi est rejeté par les neuf syndicats (CGT, CFDT, FO, FSU, Solidaires, Unsa, FA-FP, CFE-CGC, CFTC), qui dénoncent « un passage en force » et accusent le gouvernement de vouloir une fonction publique alignée sur les règles du secteur privé, au détriment du statut de fonctionnaire et de l'indépendance des agents à l'égard du pouvoir. Des rassemblements étaient organisés ce mercredi, notamment devant les préfectures. A Paris (photo), plusieurs centaines d'agents se sont rassemblés non-loin de l'Elysée pour dénoncer le projet de loi. Ils étaient 80 à Nantes et une quarantaine à Lille. - Bertrand Guay/AFP
Leïla de Comarmond

Partagez cet article
  1. Commentaires (0)

  2. Ajouter le votre

Commentaires (0)

Voté 0 sur 5 basé sur 0 voteurs
Il n'y a pas encore de commentaires postés ici

Ajouter vos commentaires

  1. Poster en tant qu'invité.
Rate this post:
0 Caractères
Pièces jointes (0 / 3)
Partager votre emplacement
Tapez le texte présenté dans l'image ci-dessous. Pas clair?

Ajoutez votre commentaire

5000 caractères restants


Nos Visiteurs

137535
Aujourd'huiAujourd'hui35
HierHier668
Cette semaineCette semaine2636
Ce mois-ciCe mois-ci13518
Depuis toujoursDepuis toujours137535
Le jour le plus visité et pays d'origine du dernier visiteur 01-13-2019 : 1097
UNITED STATES
US

Vous connecter

Notre Lettre d'Information

Abonnez-vous et recevez gratuitement la Lettre Ambition France.
Civ.
J'accepte que mes données personnelles soient conservées par Ambition France
Si vous ne souhaitez plus recevoir notre Lettre d'Informations, merci de vous désinscrire ci-dessus après avoir rempli tous les champs
Voir notre politique de confidentialité

Acteurs Société Civile

Europe - Consultations citoyennes