Municipales Paris

Écologie, sécurité, consultations, décentralisation… Le candidat à la candidature En marche Benjamin Griveaux livre les grandes lignes de sa campagne pour Paris.

Le JDD - 22 juin 2019 - Par Bertrand Gréco et Arthur Nazaret

En compétition au sein d'En marche avec cinq autres candidats (­Cédric Villani, Mounir ­Mahjoubi, Hugues Renson, Anne Lebreton et Antonio Duarte), Benjamin Griveaux, l'ex-­secrétaire d'État et porte-parole du ­gouvernement, dévoile au JDD son "plan démocratie". "Je veux rendre Paris aux Parisiens en leur proposant un pacte démocratique, confie-t-il. Depuis cinq ans, les habitants ont été sortis du débat démocratique. Au lieu d’en être le cœur, ils en sont devenus le décor. Les déclarations d’amour à la démocratie, c’est bien ; les preuves d’amour, c’est mieux."

Le tempo de la campagne des municipales parisiennes s'accélère : quel est votre premier engagement?

Je veux rendre Paris aux Parisiens en leur proposant un pacte démocratique. Depuis cinq ans, les habitants ont été sortis du débat démocratique. Au lieu d'en être le cœur, ils en sont devenus le décor. Les déclarations d'amour à la démocratie, c'est bien ; les preuves d'amour, c'est mieux. C'est pourquoi, dès septembre et jusqu'en décembre, je vais consulter les Parisiens. Il y a huit mois, avec les Marcheurs de la capitale, nous avions déjà lancé un diagnostic pour savoir comment les gens perçoivent leur ville. Je souhaite maintenant que nous construisions un programme basé sur la participation citoyenne. Une vraie campagne participative.

J’augmenterai de manière très significative les pouvoirs et les moyens financiers des maires d’arrondissement

Comment?

Je compte lancer à la rentrée une plateforme numérique collaborative et des consultations sur le terrain. Je vais demander aux Parisiens ce qu'ils pensent de tel ou tel sujet que j'envisage de porter pendant la campagne, afin de créer du dialogue. À l'issue de ce processus, j'intégrerai à mon projet les positions qui font consensus. C'est aussi simple que ça. Regardez le grand débat : ça a extrêmement bien fonctionné! L'équipe en place est dans l'agressivité permanente, elle oppose les uns aux autres. Moi, je veux apaiser. La semaine dernière, elle a annoncé dans la presse la création de quatre forêts urbaines… sans même avertir les élus qui siégeaient au même ­moment au Conseil de Paris, y compris sa propre majorité : c'est une honte! Elle met toujours les gens devant le fait accompli. C'est pour cela qu'il y a du désamour, de la défiance, de la perte de lien.

Sur quels sujets souhaitez-vous consulter les Parisiens?

Je souhaite par exemple que nous les interrogions sur les horaires des marchés parisiens, le soir jusqu'à 21 heures dans certains quartiers, sur l'interdiction des bus touristiques diesel à l'horizon trois ans, sur la possibilité d'ouvrir les commerces le dimanche partout dans Paris, ou encore sur une ­police municipale armée. Autant de sujets du quotidien pour lesquels il me semble nécessaire d'écouter les Parisiens.

Si vous êtes élu maire, comment se traduira votre "pacte démocratique"?

Après l'élection, je mettrai en place une nouvelle gouvernance. J'augmenterai de manière très significative les pouvoirs et les moyens financiers des maires d'arrondissement. Prenez la propreté : la mairie du 15e – arrondissement comptant 240 000 habitants – ne dispose que de 50.000 euros par an, alors qu'une balayeuse coûte 80 000 euros. Le rôle du maire de Paris est de fixer le cap, d'engager un grand plan de modernisation des équipements de propreté et de formation des agents. Pour le reste, moi, je ferai confiance aux élus, même s'ils ne sont pas de ma couleur politique. Un conseil des maires d'arrondissement se réunira une fois par mois, non pas pour expédier les affaires courantes mais pour aborder les problèmes concrets des Parisiens.

Le périphérique, c'est une barrière entre Paris et la petite couronne qui doit tomber

Avez-vous d'autres pistes?

Bertrand Delanoë faisait un compte rendu de mandat chaque année dans chaque arrondissement. Ça ne se fait plus. Je le rétablirai. Rendre des comptes, c'est de la bonne hygiène démocratique. Je veux aussi rénover en profondeur la manière dont fonctionne le Conseil de Paris : l'hémicycle est fait pour débattre du quotidien et des projets des Parisiens. Je présiderai l'intégralité des séances, du début à la fin, sans esquiver aucun débat. Enfin, j'aurai un nombre d'adjoints beaucoup plus resserré, chacun sera référent d'un arrondissement. Et l'un d'eux aura pour unique mission de gérer les relations avec les communes limitrophes. Il représentera les Parisiens qui travaillent à l'extérieur et des habitants de la petite couronne qui viennent travailler à Paris.

Comment mieux associer les citoyens à la décision publique?

À peine 5% des Parisiens ont contribué au budget participatif ; ce n'est pas satisfaisant. La majorité sortante a créé en mars des conseils municipaux citoyens… un an avant l'élection ! Moi, je mettrai immédiatement en place un conseil parisien de défense écologique. Il se réunira tous les deux mois, épaulé par des experts, et sera composé de citoyens tirés au sort, dont la moitié aura entre 15 et 25 ans. J'observe la mobilisation de la jeunesse parisienne ; il faut en tenir compte, sans faire un gadget, au-delà des chapelles politiques. Cette instance citoyenne votera une mesure écologique concrète à chaque session – par exemple, changer les 8 000 VMC des salles de classe parisiennes. Il sera doté d'un budget. J'y siégerai avec mon premier adjoint, qui sera aussi adjoint à l'écologie.

Faut-il en finir avec le périphérique?

Je suis favorable à un référendum local auprès des Parisiens et des habitants de la petite couronne sur la transformation du périph. On ne peut pas garder cette autoroute urbaine invraisemblable créée il y a quarante-cinq ans. C'est une barrière entre Paris et la petite couronne qui doit tomber. Une voie dédiée à l'autopartage et aux transports publics pour fluidifier le trafic, oui. En revanche, je ne suis pas sûr qu'il faille réduire la vitesse à 50 km/h à 2 heures du matin.

A En marche, les primaires ont lieu sur le fond, pas sur des querelles d'ego

En marche est censé désigner son candidat à Paris le 10 juillet. Ecartez-vous l'idée d'une primaire?

Le mode de désignation a été ­décidé démocratiquement. Cela ne s'est pas fait entre quatre murs à l'Élysée mais au sein d'En marche. En novembre dernier, les règles ont été acceptées par tous les candidats. Tous. Pourquoi les changer à quinze jours de l'échéance? Pourquoi subitement trouver que c'est une trahison de nos valeurs? Nos valeurs, c'est de respecter les règles collectivement établies et pas de dénigrer le mouvement. À LREM, les primaires ont lieu sur le fond, pas sur des querelles d'ego.

Êtes-vous prêt à prendre beaucoup de sortants sur vos listes?

Cela fait plus d'un an que je travaille avec la maire du 9e arrondissement, Delphine Bürkli [LR]. Je connais bien Jérôme Coumet [PS], le maire du 13e. Le président du groupe UDI-MoDem, Éric Azière, souhaite également nous accompagner.

Pourriez-vous vous retrouver avec Pierre-Yves Bournazel et Gaspard Gantzer?

Nous partageons une envie commune : construire une alternative à l'actuelle majorité. Le candidat qui sera soutenu par En marche aura vocation à créer des rapprochements très tôt dans cette campagne avec des personnes dont on connaît l'engagement pour Paris.

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