Climat

Un rapport alarmant du GIEC rapelle que des centaines de millions de personnes à travers le monde sont menacées à terme. En France, les effets se font déjà sentir.

Le Figaro - 26 septmebre 2019 - Par Pauline Boyer, Marc Cherki, Guillaume Mollaret, Tristan Vey et Vincent-Xavier Morvan

Un mètre de plus pour les océans

Le nouveau rapport du Giec prévoit une hausse du niveau des mers pendant plusieurs siècles.

APRÈS un rapport sur les manières de limiter le réchauffement à 1,5 °C, en octobre 2018, et un document alarmant sur la dégradation des terres et l’alimentation en août, les experts du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) se sont penchés sur les océans et la cryosphère (les pôles, les glaciers de montagne et le pergélisol, ou permafrost, qui désigne les terres gelées). Ce troisième rapport spécial en un an, a été présenté mercredi matin par les scientifiques, dans une salle lambrissée du Musée océanographique de Monaco.

Ses résultats concernent toute l’humanité, pas seulement les 4 millions d’habitants permanents en Arctique, les 65 millions d’îliens, les 670 millions de résidents des régions de haute montagne et les 680 millions de personnes vivants près d’un littoral. Car au-delà de la montée du niveau des mers, limitée au mieux à 43 centimètres à la fin du siècle et pouvant atteindre un mètre si rien n’est fait pour contenir le réchauffement, des conséquences en cascades sont attendues. En présentant les conclusions du rapport, obtenu par la compilation de près de 7 000 articles scientifiques en deux ans, le Sud-Coréen Hoesung Lee, président du Giec, a insisté sur ces conséquences multiples sur les océans et la cryosphère dont « nous dépendons directement et indirectement pour la météo et le climat, la nourriture et l’eau, le commerce, l’énergie, le tourisme et les distractions, la santé et le bien-être, la culture et l’identité ».

carte montee des eaux

De fait, de nombreux domaines sont concernés : la disponibilité en eau potable provenant des glaciers et des pôles, l’énergie (notamment pour les barrages hydroélectriques), les tempêtes et les ouragans qui sont déjà plus intenses, les vagues de chaleur marine plus fréquentes, les récifs coralliens menacés, les courants atmosphériques et marins affectés, l’acidité et le réchauffement des océans à la hausse, la pêche en diminution… Régulée par les océans qui absorbent 90 % du surplus de la chaleur créée par les activités humaines et environ 30 % des émissions de CO2 par an, la machine climatique a une très grande inertie. « Le réchauffement de l’océan est engagé, c’est irréversible, nous ne pouvons pas faire machine arrière », a prévenu Valérie Masson-Delmotte, vice-présidente d’un groupe de travail du Giec et climatologue au CEA. Comme une énorme locomotive qui dévale une pente, la machine climatique a besoin de beaucoup de temps pour freiner, même si les mesures les plus drastiques pour réduire les émissions de dioxyde de carbone sont prises rapidement.

Selon les scénarios d’émissions qui seront suivis, les effets seront perceptibles après 2050… Déjà, « la fréquence des vagues de chaleur marine a doublé par rapport au niveau préindustriel », rappelle Hélène Jacot des Combes, océanographe et professeur à l’université du Pacifique Sud (Fidji). Entre 2081 et 2100, la fréquence, la durée et l’intensité de ces événements seront multipliées par 20 dans un scénario à 2 °C et par 50 si rien n’est fait pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre. Quels que soient les efforts pour limiter la hausse de la température, les événements climatiques extrêmes comme El Nino seront deux fois plus fréquents au XXIe siècle par rapport au siècle dernier, notent les experts.

Point de non-retour

Prendre des mesures rigoureuses, permettrait à l’humanité de « gagner du temps pour s’adapter », quand ce sera possible, notamment face à la montée des eaux. L’acidification des océans, provoquée par la dissolution du CO2 dans l’eau, pourrait être moins forte, si les émissions de gaz à effet de serre diminuent, ce qui aurait des incidences favorables sur des écosystèmes marins. Mais ce processus est déjà en cours, de même que le réchauffement sur les 1 000 premiers mètres de profondeur qui entraîne un appauvrissement de l’oxygène et des poissons moins nombreux près de la surface.

Hélas, de nombreux phénomènes ont déjà atteint un point de non-retour. Pour « les systèmes biologiques, un point de bascule a été franchi pour les récifs coralliens », avertit Hans-Otto Pörtner, vice-président du Giec et docteur en physiologie animale. Car à cause des vagues de chaleur marine plus fréquentes, les coraux ne pourront plus se régénérer. Par ailleurs, la fonte de deux parties de l’Antarctique, à l’ouest dans la mer d’Amundsen, formée par un système de plusieurs glaciers, et à l’est, dans la terre de Wilkes, s’accélère. Deux phénomènes de glissement des glaces vers la mer qui « ont le potentiel de conduire à la montée du niveau des mers de plusieurs mètres en quelques siècles », note le résumé sur les océans du Giec.

Même si la hausse du niveau des océans est contenue à quelques dizaines de centimètres en 2100, la montée est engagée sur plusieurs siècles.

À Lacanau, l’érosion côtière pousse à la relocalisation

SUR LES PLAGES du Médoc, l’érosion côtière n’est pas un sujet lointain dont seuls quelques citoyens bien informés se préoccupent. « Ouvrages de protection », « repli », « indemnisation », ici chacun sait formuler un avis sur l’avenir. Car la commune de Lacanau, durement touchée par les tempêtes hivernales de 2013-2014 qui ont aggravé le phénomène, a pris le sujet à bras-le-corps et a mis sur la table l’option du recul. Dans sa stratégie locale décidée en 2016, la municipalité a acté la mise en place d’une protection par un enrochement de 9 mètres de hauteur, 35 de largeur et 1,4 km de longueur, pour protéger la station balnéaire jusqu’à 2050. Elle a aussi dressé plusieurs scénarios pour l’horizon 2100, dont celui d’une relocalisation et renaturalisation de la dune.

Cet engagement sur la question, qui a valu à la commune une certaine médiatisation, n’est pas sans conséquences. Si les professionnels de l’immobilier clament que le marché se porte bien, certains confient en off que « c’est devenu plus compliqué ». Une salariée d’agence immobilière à Lacanau-Océan détaille : « Un T2 en première ligne est aujourd’hui au prix d’un T1 il y a quelques années. Les gens sont plus demandeurs de biens à l’intérieur des terres. Et même sur la location saisonnière, ça joue. Des étrangers qui entendent qu’il n’y a plus de plage sont plus réticents à venir. » « On est aujourd’hui obligés de dire aux acheteurs : vous en profiterez pendant 30 ans, mais vous ne pourrez peut-être pas vendre ni transmettre votre bien », confie un Canaulais du secteur.

On est cependant encore loin de la crise immobilière sur le littoral aquitain. « On parle beaucoup de repli, ça rentre tout doucement dans les mentalités, analyse Camille André, chargé d’études risques côtiers au GIP Littoral aquitain, mais il n’y a pas encore de vrai passage à l’opérationnel donc les prix de l’immobilier restent très hauts. » Ce qui constitue un frein aux débats.

Des équipements plus naturels

Les enjeux financiers étant très élevés, difficile d’imaginer une politique d’indemnisation raisonnable pour les propriétaires impactés par l’érosion. « Il faut mettre tout le monde autour de la table pour savoir qui finance quoi », prône Laurent Peyrondet, le maire de Lacanau. L’élu, comme beaucoup d’autres concernés, réclame un véritable cadre légal pour envisager des relocalisations. Faute de montage juridique pour cela, la commune a déjà mis en place un périmètre de vulnérabilité de 25 hectares (avec 1 200 appartements, dont 90 % de résidences secondaires, et 120 logements commerciaux), où les constructions sont désormais « autorisées à condition d’être temporaires, précaires et réversibles », explique Éléonore Geneau, chargée de mission Littoral et Développement durable à la mairie, le but étant de construire de manière « résiliente ». Et les parkings de stationnement le long du front de mer seront prochainement supprimés, afin de laisser place à des équipements plus naturels.

« On est toujours là »

À Biscarrosse, où plusieurs propriétaires ont été sommés de vider leurs habitations cet été en raison d’un risque de « péril imminent », une expérimentation pourrait être lancée avant la fin de l’année, pour trouver une solution de relocalisation à l’amiable. Sans cadre légal donc, mais dans le but d’éviter une nouvelle bataille judiciaire comme à Soulac-sur-Mer avec les copropriétaires de l’immeuble Le Signal.

Pour faire bouger les choses, le défi est donc légal, mais il s’agit surtout de faire entrer l’idée d’un repli dans les mentalités. « Un recul me semble impossible mais inévitable », résume une touriste fidèle à Lacanau depuis des années. « Ça fait des années qu’on nous dit que tout cela sera détruit, balaie une commerçante d’articles de surf, mais on est toujours là. » « Ceux qui disent qu’il ne faudra pas reculer se voilent la face, pense un commerçant de front de mer. Mais ce n’est pas demain la veille ! Ce n’est pas du tout concret pour nous, nous sommes saisonniers, pas de quoi nous inquiéter encore. » Commerçants, habitants et promoteurs veulent encore en profiter. En première ligne, une nouvelle résidence est en fin de travaux. Le permis de construire a été accordé avant 2013, se défend la mairie. Et les appartements se seraient vendus en quelques jours…

La côte méditerranéenne est rongée par les vagues

LES PLAGES du Petit Travers, sur la commune de Mauguio, entre La Grande-Motte et Palavas-les-Flots, dans l’Hérault, semblent, d’un été à l’autre, se réduire inexorablement. Certains marqueurs ne trompent pas. Depuis les paillottes, on distingue clairement le trait de sable se faire de plus en plus fin.

Fin avril, un coup de mer a fait craindre le pire à certains exploitants, les vagues venant jusqu’à lécher leur établissement. Selon Sylvain Ribeyre, responsable du pôle eau et milieu aquatique au sein de la communauté d’agglomération du Pays de l’Or, le manque de sable est imputable à trois causes  : « L’urbanisation du littoral mise en œuvre il y a cinquante ans, les digues en épis bâties sur les plages pour contenir les mouvements de sable, et la construction de barrages sur le Rhône qui limitent les apports en alluvion en Méditerranée. »

Aussi, en 2014, la collectivité locale a-t-elle mis en œuvre une décision radicale pour restaurer le lido. Elle a, avec l’accord du département, fermé, y compris aux piétons, la route passant près de la plage afin de créer un cordon dunaire. Des piquets en bois, appelés ganivelles, y ont été plantés afin de favoriser le maintien du sable et sa colonisation par des plantes primaires. La nature ayant horreur du vide, quand le littoral s’érode à Mauguio, le sable se déplace à quelques milles nautiques de là, jusqu’à Port-Camargue. Là aussi, un demi-siècle après le creusement du port, la nature reprend le dessus. Par l’effet des courants, un banc de sable émerge depuis quelques années tout près du chenal.

Dans les Alpes-Maritimes, à Cannes, la houle et les coups de mer obligent aussi la municipalité à prendre des mesures drastiques contre l’érosion du trait de côte. Entre 1965 et aujourd’hui, il a reculé de trois mètres sur la partie est de la Croisette. Depuis une quinzaine d’années, la commune réengraisse chaque hiver les plages avec du sable importé du Var. Sous la précédente mandature, une digue sous-marine avait été posée pour casser la houle. « Cela n’était pas suffisant, on a eu l’idée d’un programme de réensensablement pour faire passer la largeur des plages de la Croisette de 20 à 40 mètres », explique Thierry Migoule, directeur général des services de la commune. Ces deux dernières années, 100 000 tonnes de sable ont été acheminées, par voie maritime ou terrestre, sur la Croisette, dans un double objectif : protéger les plages des coups de mer et viabiliser l’activité économique.

Les établissements de bains, à Cannes, sont aussi l’extension naturelle du Palais des festivals lors des grands événements. En plus de la Croisette, une plage artificielle construite dans les années 1960, Cannes doit prendre soin de ses plages naturelles. À l’ouest, à La Bocca, il faut ainsi livrer chaque hiver 6 000 à 7 000 tonnes de sable pour maintenir le trait de côte. Un marché de maîtrise d’œuvre a été lancé pour protéger la plage de façon plus pérenne, avec des ouvrages de type épis. À l’est, les plages ouvertes à tous les vents reçoivent en hiver de grandes quantités de posidonies, des plantes aquatiques qui forment une protection naturelle contre les vagues. À partir de Pâques, elles sont ramassées puis déversées en mer.

Mais le principal problème de Cannes demeure le courant ligure, qui prend le sable à l’est pour le déposer à l’ouest. La plage publique Macé, près du Palais des festivals, a ainsi reculé en quelques décennies de 39 à 48m. « Il faut trouver des solutions pérennes pour contrer ce courant et éviter d’avoir à prendre du sable d’un côté pour le remettre de l’autre », explique-t-on à la mairie.

La mer, une solution pour limiter le réchauffement à 1,5 °C

LES OCÉANS vont devenir un sérieux problème pour toute l’humanité avec le réchauffement climatique. Mais ils peuvent devenir une solution, plus efficace que ce que pensaient les scientifiques, en particulier pour limiter la hausse de la température moyenne de la planète à 1,5 °C. À eux seuls, ils pourraient contribuer au cinquième de l’effort mondial nécessaire en 2050 (soit à 11 milliards de tonnes de CO2 par an). Dans une dizaine d’années, les océans pourraient déjà afficher des résultats significatifs.

Telles sont les conclusions d’un article publié aujourd’hui dans le magazine Science. Dès lundi, l’initiative proposée par le think-tank américain World Research Institute a été défendue par un groupe de quatorze chefs d’État et de gouvernement. Les présidents du Ghana, du Kenya, de Namibie, les premiers ministres d’Australie et du Portugal ont notamment soutenu le projet « Cinq opportunités pour l’action », au sommet de l’ONU.

Le premier pilier repose sur les énergies marines renouvelables. Même si les hydroliennes et les éoliennes off-shore ne fournissent pas les résultats attendus en France, de nouvelles technologies d’énergies marines et d’éoliennes en mer pourraient contribuer, à elles seules, à la moitié de l’apport espérée par les océans en 2050. Les freins au conflit d’usage des océans, notamment entre les pêcheurs et les opérateurs de champs d’éoliennes off-shore, doivent être réglés. Les scientifiques parient également sur le développement de nouvelles technologies, notamment au moyen d’éoliennes flottantes, comme celles testées au Japon, au Portugal, en Suède, en France et aux États-Unis.

La deuxième opportunité repose sur le transport maritime, avec de nouveaux designs de bateaux, moins consommateurs d’énergie. Des solutions devront être mises en place, y compris pour les cargos actuels et futurs, dès 2030, selon le plan adopté par l’Organisation maritime internationale. Outre des solutions de propulsion hybrides, les chercheurs préconisent l’instauration d’un « prix du carbone » pour promouvoir des carburants propres dans la marine marchande.

Le troisième volet repose sur la restauration d’écosystèmes : mangroves, herbiers marins et marais salants. Même s’ils ne représentent que « 1,5 % de la surface couverte par les forêts terrestres, leurs pertes et leurs dégradations sont équivalentes à 8,4 % des émissions de CO2 liées à la déforestation, surtout en raison de la teneur extrêmement élevée en matière organique des sédiments de ces écosystèmes », rappellent les chercheurs, dans Science.

Quatrième pilier : la nutrition à partir de produits de la mer. Des régimes alimentaires pour l’homme, plus riches en algues et en fruits de mer, pourraient avoir des bienfaits pour la santé et l’environnement. Par ailleurs, en se fondant sur des recherches australiennes, les chercheurs suggèrent l’usage très prometteur d’une algue rouge marron, Asparagopsis taxiformis, qui pourrait réduire de 99 % les émissions de méthane des ruminants si elle contribue à 2 % de leur alimentation.

Enfin, le stockage dans les sédiments marins ou en injectant du carbone (sous forme de CO2) dans des puits sous-marins est préconisé, à l’instar de ce que réalise le norvégien Equinor (ex-Statoil), en mer du Nord, avec l’américain Exxon. Le groupe séquestre un million de tonnes par an de CO2 dans le champ gazier de Sleipner.

« Les migrants climatiques sont déjà une réalité »

FRANÇOIS GEMENNE dirige l’Observa­toire Hugo à l’université de Liège et enseigne à Sciences Po Paris. Membre du Giec, il est spécialiste des flux migra­toires et de leur évolution dans le contexte du réchauffement du climat.

LE FIGARO. - Le rapport du Giec ne donne pas d’évaluation du nombre de migrants climatiques. Est-ce une déception ?

François GEMENNE. - Non, pas vraiment. À vrai dire, j’étais plutôt surpris d’apprendre qu’un chiffre (280 millions de déplacés, NDLR) avait été évoqué dans la première version du résumé qui a fuité dans la presse il y a quelques semaines. C’est une question très sensible pour les gouvernements, qui craignent que cela ne génère une peur de l’envahissement qui pourrait nourrir les populismes. D’une certaine manière, je pense que c’est mieux que cela ne figure pas dans ce rapport final sur les océans. gemenne

Pour quelle raison ?

Parce que cela reviendrait à limiter cette problématique au déplacement des populations submergées par la hausse du niveau des mers. Or la question est beaucoup plus vaste. Une partie importante des migrations « économiques » actuelles a des racines climatiques. En Afrique de l’Ouest, par exemple, un ménage sur deux vit de l’agriculture de subsistance. Ils sont donc par définition très sensibles aux variations clima­tiques, à l’augmentation des sécheresses et la dégradation des sols. La perte de revenu peut être brutale. Il ne faut pas oublier que pour beaucoup de gens sur cette planète, l’environnement et l’économie sont intimement liés au quotidien. Il n’est pas possible de dresser des limites étanches entre les différents types de migrations.

Peut-on estimer le nombre de personnes migrant à cause du climat ?

Non, c’est un exercice très difficile. Les chiffres des « déplacés climatiques » que l’on évoquait plus haut sont des estimations des populations menacées par la hausse du niveau des eaux. Nous disposons en revanche de chiffres sur le nombre de personnes déplacées par les catastrophes climatiques : un peu plus de 20 millions chaque année sur la dernière décennie. Il y avait déjà des cata­strophes avant que la planète ne se réchauffe, mais plus l’environnement est dégradé, plus les conséquences sont importantes pour les populations. Je rappelle qu’il existe depuis 2016 une plate-forme internationale sur les déplacés par des catastrophes, qui est d’ailleurs présidée cette année par la France dans l’indifférence générale.

Que peut-on faire pour limiter ces migrations ?

On voit souvent les migrations clima­tiques comme un risque futur que l’on pourrait éviter en limitant nos émissions de gaz à effet de serre. Mais la réalité, c’est que ces migrations existent déjà aujourd’hui. Je pense qu’il serait utile que le Giec s’empare du sujet dans son prochain rapport quadriennal, voire dans un rapport spécial dédié au sujet. Il faut que l’on comprenne les dynamiques en jeu, souvent complexes, pour mieux s’y préparer. Il vaudrait mieux accompagner les migrations et les anticiper plutôt que de laisser le problème pourrir et se laisser submerger par des crises humanitaires. La nature a horreur du vide : si l’on ne met pas en place des filières contrôlées pour accueillir ces personnes, les former et leur donner des perspectives, ce sont des passeurs et des trafiquants qui s’en chargeront.

Quelles sont les régions les plus sensibles dans cette crise ?

Toute la région du Sahel, en Afrique, ce qui est générateur de tensions et de conflits. Cela four­nit d’ailleurs un terrain propice au développement du terrorisme. Et l’Asie du Sud-Est, aussi. L’Indonésie a tout de même pris la décision de déplacer sa ­capitale Jakarta sur l’île de Bornéo, pour anticiper un engloutissement qui semble inexorable.

Nos Visiteurs

209771
Aujourd'huiAujourd'hui449
HierHier569
Cette semaineCette semaine1018
Ce mois-ciCe mois-ci11994
Depuis toujoursDepuis toujours209771
Le jour le plus visité et pays d'origine du dernier visiteur 01-13-2019 : 1097
UNITED STATES
US

Vous connecter

Notre Lettre d'Information

Abonnez-vous et recevez gratuitement la Lettre Ambition France.
Civ.
J'accepte que mes données personnelles soient conservées par Ambition France
Si vous ne souhaitez plus recevoir notre Lettre d'Informations, merci de vous désinscrire ci-dessus après avoir rempli tous les champs
Voir notre politique de confidentialité

Acteurs Société Civile

Europe - Consultations citoyennes