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Le mécanisme d’accompagnement renforcé de décrocheurs, généralisé début 2017 après quatre ans d’expérimentation, connaît de premiers résultats encourageants.

 

Le Figaro- 14 mai 2018 - Par Manon Malhère

Le dispositif de la Garantie jeunes, lancé sous forme d’expérimentation dans quelques zones pilotes en 2013 et généralisé sur l’ensemble du territoire début 2017, connaît de premiers résultats prometteurs. Quelque 200 000 jeunes de 16 à 26 ans ni en emploi, ni en études, ni en formation en ont bénéficié depuis son lancement, il y a plus de cinq ans, et 100 000 devraient entrer dans le programme sur la seule année 2018. Plébiscitée par la Cour des comptes, la Garantie jeunes offre un taux de débouchés moyen nettement supérieur à celui de cette population très éloignée du marché du travail.

Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, qui y croit, a prévu de lui consacrer près de 3 milliards d’euros des 15 milliards du plan d’investissement dans les compétences d’ici à 2022 pour permettre à un demi-million de décrocheurs d’en profiter sur l’ensemble du quinquennat. Grâce à un accompagnement renforcé en groupe pendant un an, des stages d’insertion et de découverte des ­métiers en entreprise et une aide financière de 480 euros par mois, la Garantie jeunes permet à ses bénéficiaires de reprendre confiance. Le taux d’abandon du dispositif, de 13 %, est limité.

Généralisé au 1er janvier 2017, ce mécanisme d’insertion professionnelle à destination des décrocheurs obtient des résultats encourageants qui restent à confirmer.

Parmi les nombreux dispositifs d’aide à l’insertion professionnelle des jeunes décrocheurs, la Garantie jeunes fait partie des rares à sortir du lot et sur lequel le gouvernement Philippe entend concentrer ses efforts. Généralisé en 2017 après une période d’expérimentation qui avait débuté en 2013, le dispositif a déjà accompagné quelque 200 000 jeunes âgés de 16 à 26 ans qui ne sont ni en emploi, ni en formation, ni en étude (NEET), sans soutien financier ­familial, en situation précaire. Et la cadence devrait s’accélérer. L’exécutif s’est fixé l’objectif ambitieux d’atteindre 100 000 jeunes sur l’année 2018 et 500 000 sur tout le quinquennat dans le cadre du plan d’investissement dans les compétences (PIC).

Non sans raison. Le dispositif, financé par l’État et les fonds européens, a en effet obtenu un rarissime satisfecit de la Cour de comptes qui ne manque pourtant jamais une occasion de fustiger les « contrats aidés », ces emplois subventionnés coûteux et peu efficaces qui existent depuis les années 1980… Dans leur rapport thématique sur l’emploi des jeunes publié en 2016, les magistrats de la rue Cambon ont vivement recommandé de redéployer l’ensemble des crédits budgétaires alloués à l’insertion des jeunes « vers les dispositifs d’accompagnement les plus intensifs » comme… la Garantie jeunes.

Outre l’allocation mensuelle d’un montant maximum d’environ 480 euros, un jeune qui bénéficie du dispositif accepte un accompagnement renforcé et continu par un conseiller d’une mission locale pendant une année. L’objectif visé ? L’aider à se resocialiser, à reprendre confiance pour ensuite faciliter son insertion professionnelle dans une entreprise.

Et ça marche ! Selon un rapport d’évaluation publié en février 2018 portant essentiellement sur la phase d’expérimentation avant 2017, l’impact sur le taux d’emploi est jugé « positif et très significatif » 16 mois après l’entrée dans le dispositif. La part des jeunes ayant trouvé un emploi est de 36,3 %, contre 29,2 % généralement pour cette population. En moyenne, 30 % des jeunes qui bénéficient de la Garantie jeunes se retrouvent en situation d’emploi, 9 % en formation et 4 % en contrat d’alternance, explique-t-on au ministère du Travail. Par ailleurs, 21 % d’entre eux ont effectué une immersion professionnelle d’au moins quatre mois. « Ils ont ainsi acquis une expérience qui leur permet d’être autonomes dans leur recherche d’emploi », précise la Rue de Grenelle. Enfin, avec un taux de rupture de seulement 13 %, les cas d’abandons restent limités.

Simplifier la sélection

Le rapport d’évaluation pointe néanmoins certaines faiblesses que les équipes de Muriel Pénicaud s’efforcent de prendre en compte depuis la généralisation. Par exemple, la sélection des jeunes. « Nous avons pris des mesures pour simplifier la procédure d’entrée en Garantie jeunes et contribuer ainsi à éviter que certains profils soient systématiquement écartés », explique le ministère. En outre, la qualité de l’accompagnement peut varier sur le territoire en raison de difficultés dans la mise en œuvre du dispositif. « Les vagues d’entrées sont de plus en plus importantes. Nous avons donc un enjeu de professionnalisation des missions locales. Des formations sont prévues pour les conseillers », ajoute-t-il. Dernier défi : la coordination des différents dispositifs d’accompagnement des jeunes.

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