Emploi

L’Ontario et le Québec, les deux provinces canadiennes les plus peuplées, ont affiché des taux de chômage respectifs de 5,7 % et de 5,6 % en août. Quant à la ville de Québec, elle a battu tous les records, avec un taux de… 3,9 %.

 

Le Figaro.fr - 22 septembre 2018 - Par Ludovic Hirtzmann

Les petites provinces de l’Atlantique - qui représentent une partie infime de la population du pays - affichent, elles, des taux plus élevés. Pour ces régions, comme Terre-Neuve ou la Nouvelle-Écosse, où la pêche et le travail saisonnier représentent l’essentiel de l’activité, le recours aux aides gouvernementales est souvent la seule solution. À ceci près qu’au Canada, l’assurance-chômage se nomme… assurance-emploi, une appellation plus motivante qui vise à soutenir financièrement les salariés licenciés.

Si les allocations versées représentent 55 % du dernier salaire, le système est moins généreux que dans l’Hexagone. Les prestations des demandeurs d’emploi sont tout d’abord calculées sur les meilleures semaines d’activité, en fonction du taux de chômage de la région. S’il est peu élevé, les allocations seront revues à la baisse par rapport aux zones en difficulté. Les prestations versées sont aussi plafonnées, à 548 dollars canadiens (365 euros) par semaine, pour ce qui est des revenus les plus élevés. Soit 1 460 euros par mois. En France, le plafond dépasse les 6 200 euros.
Mobilité interprovinciale

Autre particularité originale difficilement transposable en France, le temps de travail nécessaire pour avoir droit à des allocations varie également en fonction… du taux de chômage de chaque province. Pour les Terre-Neuviens, zone dont le taux de chômage avec 15 % est le plus élevé du pays, 420 heures suffisent pour toucher des allocations pendant une période de 32 semaines. Celui qui a travaillé plus, pendant 1 300 heures, sera indemnisé pendant 45 semaines, le maximum assurable au Canada. En Colombie-Britannique, où le taux de chômage n’est que de 5,3 %, un demandeur d’emploi percevra une allocation après avoir travaillé pendant au moins 700 heures. Mais cette indemnité ne lui sera versée que durant un maximum de 14 semaines (et 36 semaines pour 1 820 heures de travail).

Pour obliger les chômeurs à bouger dans les provinces où il y a une pénurie de main-d’œuvre, le précédent gouvernement conservateur avait durci les conditions de maintien à l’assurance-emploi. Les travailleurs au chômage devaient accepter un travail qui n’avait rien à voir avec leurs qualifications, moins bien rémunéré (jusqu’à 70 % inférieur à leur salaire antérieur), mais aussi situé plus loin de leur lieu de résidence. Cette obligation de mobilité interprovinciale, dont les pratiques ont été contestées, a été annulée par l’actuel gouvernement libéral de Justin Trudeau. Les chômeurs ne sont plus obligés d’accepter des emplois éloignés de leur domicile. Une réforme globalement appréciée, d’autant que les Canadiens se déplacent naturellement d’une province à l’autre, le plus souvent sans incitation pour trouver ce que les Québécois appellent « de l’ouvrage ».

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