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Environnement

La COP26 a permis de déboucher sur des avancées plus ou moins fortes, que la COP27 prévue dans un an à Charm el-Cheikh en Egypte devra compléter pour certaines d'entre elles.

Les Echos - 14 novembre 2021 - Par Joël Cossardeaux, Muryel Jacque

Sus aux fossiles

L'Accord de Paris de 2015 sur le climat ne mentionne nulle part le « charbon », le « pétrole », le « gaz », ni même les « énergies fossiles », alors qu'elles sont principalement à l'origine du changement climatique. Ce n'est pas le cas du texte approuvé samedi qui appelle à réduire l'utilisation du charbon et les aides publiques accordées par les pays pour extraire et consommer ces ressources.

Il s'agit d'une première. L'Inde, la Chine et l'Arabie saoudite, parmi les pays les plus pollueurs de la planète, ont tout fait pour éviter de voir apparaître une telle disposition. En vain, même s'ils sont tout de même parvenus à l'édulcorer. « Des milliers de milliards de subventions ont été dépensées dans les cinq ou six dernières années. C'est la définition même de la folie », n'a pas hésité à déclarer John Kerry, l'envoyé spécial pour le climat de la Maison-Blanche.

Accord surprise sino-américain

Cela a été la surprise majeure à Glasgow. Les Etats-Unis et la Chine, les deux plus gros pollueurs de la planète, ont annoncé qu'ils allaient travailler ensemble pour « renforcer l'action climatique ». Une déclaration politique plus qu'une série de mesures concrètes, mais ce nouveau leadership affiché sur le climat par les deux géants du carbone montre que Washington et Pékin ont choisi de s'entendre sur cette question cruciale en dépit des tensions commerciales et géopolitiques.

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Jusqu'alors, à Glasgow, la Chine avait été relativement absente des pourparlers, et le président américain, Joe Biden, venu en tout début de COP comme 120 chefs d'Etat, n'avait pas manqué de qualifier l'absence de son homologue Xi Jinping resté à Pékin de « grande erreur ».

Engagement sur le méthane

En marge des négociations entre délégations, une foule d'alliances se sont nouées officiellement à la COP26, formidable caisse de résonance pour faire des annonces.

L'une des plus importantes, préparée depuis des mois par les Etats-Unis et l'Union européenne, porte sur le méthane , un gaz à effet de serre moins connu que le CO2 mais qui contribue de façon massive au réchauffement, que plus d'une centaine de pays ont accepté de réduire d'au moins 30 % d'ici à 2030. Autre signal fort, pour la première fois, il y a par ailleurs une référence au méthane dans le « Pacte de Glasgow ».

Coopération climatique avec un Etat

C'est une première du genre : plusieurs pays développés, dont la France et l'Allemagne, vont mobiliser jusqu'à 8,5 milliards de dollars pour financer la transition énergétique de l'Afrique du Sud. Ce pays, dont la production électrique dépend à 80 % du charbon, vise la neutralité carbone en 2050. Un objectif ambitieux que ce partenariat inédit, qui porte sur des subventions et des prêts, des dispositifs de partage des risques et associe le secteur privé, doit permettre au Cap d'atteindre. La fermeture des centrales à charbon du pays devrait s'en trouver accélérée. Ce nouveau genre de coopération internationale pour une « transition juste » est regardé de près par plusieurs pays en développement.

Un prix pour le carbone

Depuis 2015, l'article 6 de l'Accord de Paris sur le fonctionnement des marchés carbone attendait son « manuel d'utilisation ». Après un échec à la COP24 en 2018, puis à la COP25 en 2019, un accord a finalement été trouvé à Glasgow sur les règles de ces marchés conçus pour aider les acteurs économiques à réduire les émissions de CO2.

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Avec le texte adopté samedi, le « double comptage », qui pouvait permettre à un acheteur et à un vendeur de comptabiliser la même tonne de CO2, ne sera plus aussi facile. Il va également mette fin au désordre qui règne sur les marchés volontaires du carbone. Certains experts militent pour la création d'un organe de surveillance de la mise en oeuvre de ces marchés.

Financement climat : nouvelle promesse

La présidence britannique s'est efforcée de faire avancer les discussions sur le « financement climatique », l'un des dossiers les plus épineux de la COP26. Les pays riches ont été appelés à doubler d'ici à 2025 (par rapport au niveau de 2019) les financements pour aider les pays pauvres à s'adapter au réchauffement climatique.

Tous les ans, les Nations unies devront faire un bilan des progrès accomplis pour tenir l'objectif de 100 milliards de dollars par an promis par les pays développés il y a douze ans pour 2020 mais qui n'ont pas encore été atteints. Le Pacte de Glasgow prévoit également l'organisation de réunions internationales en 2022, 2024 et 2026 pour faire le point sur ces financements.

La biodiversité un peu oubliée

Le texte adopté à Glasgow prend seulement note de l'importance de préserver la forêt, les océans et les glaciers. Une référence à la biodiversité très légère à quelques mois de la COP15 qui doit lui être consacrée à Kunming, en Chine, et sachant que les interactions entre le réchauffement climatique et la dégradation des milieux naturels sont désormais clairement établies.

« Nous sommes stupéfaits de constater le peu de temps accordé aux océans dans les COP. La COP26 a manqué son rendez-vous écologique », estime l'ONG France Nature Environnement (FNE).

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Joël Cossardeaux et Muryel Jacque (envoyés spéciaux à Glasgow)