Jean-Paul Delevoye

Retraites

Le haut-commissaire à la réforme des retraites ne rendra pas ses recommandations fin janvier comme prévu, préférant ouvrir une troisième phase de concertation.

Les Echos.fr - 16 novembre 2018 - Par Soveig Godeluck

Se hâter lentement. C'est la manière que semble avoir choisie Jean-Paul Delevoye, le haut-commissaire à la réforme des retraites , pour mener à bon port la concertation avec les partenaires sociaux. L'ancien ministre veut discuter au maximum avant d'émettre des recommandations au gouvernement, suivies d'un projet de loi refondant totalement le système de retraite actuel, en 2019.

Les recommandations attendues fin janvier-début février vont être reportées, afin de pouvoir ouvrir un troisième cycle de concertation en février, a-t-il indiqué ce jeudi. Pour quelle durée ? On ne sait pas encore. Soit le gouvernement souhaite conclure rapidement ; soit l'équipe du haut-commissariat se voit accorder une rallonge de trois mois pour approfondir les débats, explique-t-on chez Jean-Paul Delevoye.

Le troisième round de négociation devrait être consacré à l'architecture financière du système - compensations démographiques, réserves des régimes, détourage de ce qui relève de la solidarité... Le Haut-Commissariat compte produire des simulations chiffrées sur des cas concrets, afin de mieux mesurer l'impact de la réforme.

35.000 contributions citoyennes

Pour Jean-Paul Delevoye, qui a déjà plus de 140 heures de discussions avec les partenaires sociaux au compteur, ce délai supplémentaire est une question de « respect ». La première réunion réunissant tous les syndicats et le patronat avait finalement été maintenue au 10 octobre, juste avant le remaniement du gouvernement, sur le même motif, a-t-il insisté. Une nouvelle séance multilatérale se tiendra d'ailleurs fin janvier.

Jean-Paul Delevoye espère aussi profiter de ce délai supplémentaire pour organiser des « rencontres citoyennes » au premier trimestre. Le 13 décembre aura lieu la restitution des ateliers citoyens menés en 2018 sur le thème de la réforme. La plate-forme Internet de participation citoyenne, close en octobre, a recueilli 35.000 contributions.

En résonance avec la campagne européenne

Le calendrier de présentation du projet de loi réformant les retraites reste donc indéfini : au plus tôt à la fin du premier semestre. Les élections européennes en mai ne sont pas un obstacle, considère pourtant Jean-Paul Delevoye. Au contraire, cette réforme des retraites entre « en résonance » avec la campagne : « Par rapport au monde anglo-saxon pour qui l'efficacité économique passe par l'assurance individuelle, nous avons la vision d'un contrat social et d'un pacte générationnel », se félicite-t-il. Et cela mérite d'être « porté par la pensée européenne ».

Après une première phase de concertation sur les principes généraux de la réforme au deuxième trimestre 2018 - répartition, points, droits acquis, assiette des cotisations...-, la deuxième séquence a commencé en novembre. Les partenaires sociaux ont discuté des modalités d'entrée en vigueur de la loi. Elle devrait être promulguée en 2020, avec une bascule à partir de la génération née en 1963, qui arrive à l'âge de la retraite en 2025.

Pour ceux autorisées à liquider leurs droits dès 52 ans (conducteurs de train, notamment), la génération 1973 serait la première concernée. Les cotisations dans le nouveau système débuteraient en 2025. Les partenaires sociaux se sont entendus sur une transition rapide, même s'ils ne sont pas tous favorables au principe même de la réforme.

 

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