illustration contributionEducation et Culture

À l’échelle de l’Histoire, pédagogie éducative et culture ont toujours été les meilleures réponses à renvoyer en écho à toute tentative d’instrumentalisation des peuples par la propagande des extrêmes, d’autant plus si ces extrêmes sont aujourd’hui encouragés par divers intérêts extérieurs hostiles à l’Union Européenne.

Amener pas à pas à comprendre l’importance stratégique des langues est tout aussi fondamental pour notre système d’Union que d’expliquer avec pédagogie, à chaque citoyen des 27 pays membres, où on va ensemble, pourquoi et comment… quels sont les enjeux.

Seul un concret culturel commun au quotidien est en mesure d’arrêter et de soigner à long terme l’actuelle hémorragie populiste anti-UE.

Quoi de plus concret, pour une famille, que d’apprendre des langues européennes voisines, tout au cours d’un cursus éducatif ? Et quoi de plus unificateur, pour des peuples, que de partager un socle éducatif et linguistique commun ?

De l’Oblast de Kaliningrad à l’Oblast de Sakhaline, en passant par la République de Mordovie, celle de l’Altaï, ou le Kraï de Khabarovsk… C’est le russe qui est majoritairement parlé dans les 86 régions qui composent la Russie.
De la province d’Anhui à la province du Zhejiang, en passant par la Mongolie intérieure, Macao ou Hong Kong… C’est le mandarin qui est parlé d’un bout à l’autre de la Chine.
De l’Alabama au Wyoming, en passant par le Colorado, la Floride, l’Alabama ou le Tennessee… C’est l’anglo-américain qui est parlé dans les 50 états qui composent les USA, où est aussi et conséquemment parlé l’espagnol. Comme quoi deux langues ne sont pas incompatibles…
De l’Écosse à l’Angleterre, en passant par l’Irlande et le Pays de Galles, c’est l’anglais qui est parlé au Royaume-Uni… Brexit assumé ou Remain à venir.

Et la langue la plus légitimée dans l’Union Européenne, celle qui servirait au mieux nos intérêts culturels européens, serait l’anglo-américain tendance Globish ?

Pour rappel, le globish se définit comme une forme "d’anglais international" comprenant 1 500 mots et une grammaire simplifiée. Cette novlangue (nouvelle langue) est destinée à tous les étrangers qui ont besoin d'échanger de façon utilitaire en anglais, et pas forcément avec des anglophones. Promue par le français, Jean-Paul Nerrière, ex cadre marketing chez la firme américaine IBM, le globish se présente comme une alternative simplifiée à l’anglais. Les partisans de cette novlangue présentent plusieurs arguments en faveur de leur approche :

- Le globish serait plus simple à apprendre que l’anglais, il permettrait des résultats plus rapides, etc.
- Le globish ferait gagner beaucoup de temps et d’argent en focalisant les conversations sur les contenus business essentiels.
- Cette approche serait bénéfique parce qu’elle préparerait à parler anglais avec tous les non anglophones qui préfèrent avoir affaire à une personne qui ne parle pas l’anglais beaucoup mieux qu'eux...

Au-delà de la question du pourquoi appauvrir la si jolie langue de Shakespeare par facilité au détriment d’autres langues tout aussi subtiles et nuancées, le débat doit se concentrer sur la logique qui a conduit 28 pays de la zone Euro à pousser éducativement la langue anglaise au point de totalement déséquilibrer le Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues (CECRL) à la seule faveur de l’anglais.

Car une langue n’est pas rien. C’est même tout le contraire de rien. Une langue, c’est tout. C’est tout au sens où c’est par elle que tout commence et que tout, dès lors, devient possible… Et c’est pourquoi j’y associe le terme Stratégique.

Mon grand-père était un berger du piémont italien, venu à pied en France pendant la guerre, faute de ne pouvoir nourrir les siens. Il s’y est installé avec ma grand-mère, partie le rejoindre plus tard. Sont nés 6 enfants dont mon père. J’ai encore de nombreux cousins dans la partie Nord de l’Italie - que je connais bien… Je ne parle pas forcément leur langue et là, est de mon point de vue, le principal problème des européens entre eux, d’où aujourd’hui ma proposition sur la nécessité d’apprendre, dès le plus jeune âge et en parallèle de sa propre langue, deux langues européennes voisines avant le systématique anglo-américain.

Je me sens au final plus étranger en Italie, chez mes cousins (que j’adore) qu’en Belgique Wallonne chez des inconnus alors que nous sommes tous européens ! Là est pour moi le problème majeur de l’Union Européenne depuis sa création.

Parler la ou les mêmes langues, croyez que cela facilite tout… les multiplier sans plus de rapprochement, c’est s’assurer à moyen terme de l’effondrement de la Tour de Babel. L’Union Européenne ne doit pas se conforter dans l’idée de devenir une Tour, elle doit au contraire réfléchir sur un plan plus horizontal.
Pratico-pratique, c’est ce qu’il faut être quand on s’adresse à des peuples.
Être compris, et au-delà, expliquer clairement où on va ensemble et pourquoi… reste toujours vrai qu’il s’agisse d’unir un pays ou vingt-sept.

En zone Euro, l’anglais, présenté comme deuxième langue systématique sitôt le primaire advenu, a fait son temps… Rééquilibrer, s’adapter, défendre nos propres intérêts en renforçant l’avenir de l’Union Européenne par l’enseignement de langues tout aussi majeures que voisines telles le français, l’espagnol et l’allemand : c’est désormais ça appartenir au Présent tout en préparant l'Avenir.

Apprenons en priorité à nos enfants la langue non tronquée de l’un de nos partenaires d’Union, puis voyons après pour le Globish ! Rien de révolutionnaire en soi, simple adaptation à notre temps et aux intérêts qui doivent être désormais les nôtres dans l’UE.

Plutôt que l’anglo-américain "billes en tête", j’insiste stratégiquement pour que le français, ou l’espagnol ou l’allemand, soit enseigné en parallèle de la langue originelle partout dans l’Union Européenne… étant entendu que l’anglais n’a pas à être bouté de la zone UE mais relégué derrière chaque langue originelle et l’une des trois langues précitées. J’ai bien conscience que le repositionnement de l’anglais derrière le français, l’espagnol et l’allemand, peut déstabiliser nombre d’esprits conservateurs ou atlantistes, tout comme il n’a pas de quoi enchanter le Royaume-Uni, les États-Unis d’Amérique et, de fait, certaines de leurs Organisations… Pour autant, je reste convaincu - et avec moi beaucoup d’autres - que l’Union Européenne doit se doter d’un programme éducatif linguistique qui rapproche ses pays membres en les enrichissant d’une langue dite voisine plutôt qu’étrangère… un qualificatif que je juge du reste inapproprié parce que l’adjectif "étrangère" accolé au mot langue renvoie inconsciemment à l’image d’un mur de frontière dressé plutôt qu’à l’idée initialement recherchée de passerelle culturelle.

Si français et belges, allemands et espagnols, oeuvrent de concert pour contrebalancer culturellement le poids de la langue anglo-américaine chez eux alors, nul doute que les 23 autres pays membres suivront, que cette action européenne de rééquilibrage culturel "forcera" un certain respect des autres blocs de la planète… que l’UE sera plus concrète dans la vie au quotidien de millions de familles de la zone Euro et, de fait, en ressortira doublement renforcée.

Je précise que "contrebalancer" ne signifie en rien "bouter" ni même "rabaisser" (au sens insolent ou provoquant du rapport de force) mais seulement ramener bon gré mal gré à l’équilibre, et donc à la Raison.

Au pourquoi le français, l’espagnol et l’allemand, je réponds doublement :

- Parce que francophonie, hispanophonie et germanophonie sont culturellement à elles trois en mesure de tenir la dragée haute aux autres langues des blocs concurrents, en rapport de l’avenir qui se dessine.
- Et, du reste, quelles raisons de continuer à leur préférer le quasi systématique anglo-américain du Brexit et des Accords Marshall ?

Comment faire briller partout dans les yeux des enfants et ceux de leurs parents les étoiles du drapeau européen sinon en intégrant toutes les familles dans un processus éducatif et culturel global gagnant/gagnant ?

Si le programme Erasmus, bien que limité (…), a montré le chemin à certains diplômés et doit être préservé, c’est évidemment bien avant les études supérieures, dès la maternelle, qu’il faut œuvrer et continuer à baigner au quotidien dans un dispositif éducatif commun aux 27 pays ; un dispositif éducatif et culturel qui commence tout logiquement "chez soi" et par les langues.

Plusieurs études scientifiques françaises et canadiennes l’ont démontré : Être bilingue ne constitue pas un obstacle pour le développement de la langue maternelle ; l’enfant qui apprend deux langues simultanément ne les confond pas ni ne commence à parler plus tard ; la condition de parler deux langues avant l’âge de 7 ans permet d’en acquérir une troisième plus facilement. (Cf "L’enfant bilingue" Ranka Bijeljac-Babic, éditions Odile Jacob).

Au-delà des vertus cognitives du bilinguisme précoce, une étude du CEPII (Centre de recherche français dans le domaine de l’économie internationale) au 1er janvier 2016 explique qu’une politique linguistique favorisant le plurilinguisme aurait aussi un effet positif sur le commerce multilatéral et le PIB. Pour arriver à ce plus, il suffirait de baisser les barrières linguistiques et d’apprendre les langues les plus pratiquées par nos partenaires commerciaux, à savoir : l’allemand, l’espagnol, le français, au même titre que l’anglais, l’italien, le russe, le japonais, le flamand… On retrouve là, peu ou prou, l’esprit du CECRL sans aucune arrière pensée de langue monopole !

Aucune langue n’est étrangère sitôt qu’on l’a apprise. Les langues sont donc bien par nature facteur de lien culturel et ne peuvent que rapprocher des pays qu’ils soient voisins… ou séparés par un océan !

Maintenant l’Euro ancré dans les mentalités et incontournable pour les marchés, viendrait-il à l’idée de nos économistes européens de le supplanter par le Dollar ? Si l’Union Européenne souhaite avancer dans le sens de ses intérêts sans se déliter en chemin, elle devra nécessairement reposer sur un socle éducatif et culturel en adéquation avec ce qu’elle est ; un modèle culturel qui, sur son échelle des savoirs et des valeurs, sache où plus justement placer la langue commune à Donald Trump et Theresa May.

Ce socle fondamental doit très largement dépassé, comme dit en préalable, l’actuel programme Erasmus encore trop limité, malgré ses louables volontés d’élargir vers l’apprentissage et les Relais Culture. Depuis sa création, trois points majeurs limitent et corsètent effectivement ce programme :

1 - Le système est sélectif et donc restreint par sa nature même.
2 - Seuls sont éligibles les candidats disposés au voyage… et, de fait, à l’idée de quitter leur chez soi.
3 - Quoi que bien fondé, le coût financier, au prorata du nombre des concernés, est proche d’avoir atteint ses limites et ne pourra jamais couvrir la totalité de la demande présente ou à venir.

Voilà pourquoi, dès le plus jeune âge et partout en zone Euro, des enfants de maternelle, des écoliers, des collégiens, des lycéens, des apprentis, des étudiants… et leurs parents… doivent apprendre ces liens culturels qui rapprochent, même en ne voyageant pas ou faute de n’avoir pu entrer dans les critères de sélection d’Erasmus +++… Quoi de mieux qu’une à deux langues européennes de plus apprises alors en chemin ! Pourquoi attendre l’âge de passer par le filtre d’une sorte de "méritocratie ouverte au voyage" si le but est de donner à aimer davantage la notion d’Union Européenne à un maximum de nos concitoyens… et plus particulièrement aux générations à venir ?

Royaume-Uni dans l’UE ou hors de l’UE, le temps est venu pour tous les écoliers de la zone Euro de recevoir, en parallèle de l’apprentissage leur propre langue, une langue plus judicieuse que l’hégémonique anglo-américain.

Si mon action consiste à démontrer à quel point il est stratégique, pour les intérêts de l’Union Européenne d’apprendre, dès le plus jeune âge et en parallèle de sa langue, le français, l’espagnol ou l’allemand, avant l’anglais… je ne souhaite à aucun peuple, en particulier, de se fourvoyer faute d’ignorance et de manipulations par une partie de "ses élites". Pour autant, aussi mensongers peuvent apparaître après-coup les arguments de Nigel Farage & consorts, une vérité demeure : le Royaume-Uni a toujours préféré se tourner vers les États-Unis et le Commonwealth plutôt que vers l’Union Européenne, géographiquement plus proche. À cela, la raison est évidente : Même langue.

Dans l’océan de la mondialisation et face aux enjeux, toute île, aussi luxuriante soit-elle, est vouée à disparaître si elle n’est pas rattachée à un archipel. C’est évidemment pourquoi la presqu’île Royaume-Uni s’est empressée de rejoindre les États-Unis de Monsieur Trump après le Brexit, de même que la Syrie, exemple parmi d’autres, s’est tout aussi vite rattachée à la Russie… À chacun son archipel. Même la Corée du Nord a le sien.

L’Union Européenne est naturellement le nôtre.

Certes l’UE n’est pas idéale parce qu’elle est jeune encore mais elle est là ! Améliorable en de nombreux points, au premier rang desquels celui de ne pas se retrouver à la merci de certains géants de la planète. De fait, nos masses populaires n’ont plus à être manipulées en sous-main par des intérêts étrangers, qui visent à faire pousser des cornes de Rhinocéros sur le front des familles européennes en prévision de les entredéchirer ! N’en déplaise aux quelques torpilleurs de la zone euro, l’Union Européenne s’est constituée et avec elle sa monnaie ; une Union qui, si elle souhaite éviter les pièges du nationalisme anti-migrants, des divisions sociales et religieuses, n’a pas d’autre choix que de se bonifier.

Plus que jamais, les ennemis de l’Union Européenne comptent sur l’idée qu’une gouvernance à 27 ne peut déboucher que sur des différences de point de vue, de l’immobilisme et surtout des tensions qui, attisées par les braises nationalistes, feront se casser un à un les maillons… Le comble, c’est qu’à force de silence des principaux intéressés, de plus en plus d’individus adhérent à l’idée simpliste et populiste que leur pays, une fois bien replié sur lui-même et vieillissant, sera en mesure d’ici 2050 de refuser les avances de 2,5 milliards d’africains, 1,6 milliard d’indiens, 1,4 milliard de chinois… sans compter quelques 400 millions d’américains (unis), 130 millions de russes (unis aussi) et moi et moi et moi !

Nul doute que même les hongrois les plus remontés sont en mesure de comprendre que c’est l’argent de l’UE qui apporte la meilleure des solutions à leur problème – épidermique – de migration côté Turquie…

Autre information complémentaire : 49 millions, c’est le nombre de personnes en âge de travailler dans la tranche des 20-64 ans que va perdre l’Europe (11 millions pour l’Allemagne, 7 à 8 millions pour l’Espagne et l’Italie…) à l’horizon 2050.

Jeter le bébé UE avec l’eau du bain est-il pour les italiens, qui souffrent d’un déficit de natalité et de l’exode de leurs jeunes diplômés, la garantie d’assurer le paiement des retraites, tout en relançant une économie gangrénée par un système parallèle bien connu d’eux ?

À chacun, dans son pré carré, de posément réfléchir à "tout ça"… et un peu plus.

En France, les derniers résultats de janvier 2018 du Cevipov informent du fait que 45% des sondés ont une perception positive et majoritaire de l’appartenance de la France à l’UE, de même que 34% disent se sentir autant européen que français… ce qui reste encourageant.

Regain ou non regain ? Telle est la question qui partout tétanise…

C’est pourquoi je fais don, à qui le voudra bien, de cette démonstration qui conclut invariablement ci-après par la même réponse :

- Solutions à la question récurrente des migrations et à leur plus humaine gestion en fonction du vieillissement de nos populations = UE.
- Solutions à une agriculture autosuffisante de qualité en mesure d’exporter ses surplus vers d’autres destinations = UE
- Solutions économiques de contrepouvoir à la puissance du Dollar et d’une éventuelle autre monnaie internationale en devenir = UE.
- Solutions du renforcement culturel et linguistique entre pays membres = UE.
- Solutions de répartition et de relance du marché du travail = UE.
- Solutions d’améliorations sociales = UE.
- Solutions d’indépendance numérique, technologique et militaire = UE.
- Solutions de lutte contre le terrorisme obscurantiste et les ingérences de désinformation = UE.
- Solutions en direction de progrès écologiques pour la préservation des ressources naturelles de la planète = UE.
- …
- Solutions au Royaume-Uni en rapport de la cascade de problèmes auxquels les familles anglaises vont hélas devoir faire face = UE !

Madame La Chancelière Merkel, Monsieur Le Président Macron, Mesdames et Messieurs les Chefs de Gouvernement en zone Euro : l’Histoire à nouveau vous convoque.

Fabrice Raina, l’européen.
(intermittent du spectacle,
apolitique et aconfessionnel)

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