Emmanuel Macron dispose encore d'une marge de manœuvre conséquente auprès de l'opinion qui rechigne à juger son action dès maintenant. ANDREAS SOLARO/AFPSondage

La lutte contre l'immigration clandestine figure parmi les priorités des Français après les thématiques économiques, selon notre sondage Kantar Sofres Onepoint.

 

Le Figaro Premium - 16 janvier 2018 - Par François-Xavier Bourmaud (Photo Andreas Solaro/AFP)

Bienveillants et exigeants. Pour juger le bilan d'Emmanuel Macron et exposer leurs attentes à l'égard de son gouvernement, voilà qu'à leur tour les Français adoptent le «en même temps» macronien. Au chef de l'État, ils laissent donc encore un peu de temps pour agir mais formulent en contrepartie des exigences précises sur le contenu des réformes à mener. Voilà en résumé la conclusion de l'enquête Kantar-Sofres-Onepoint réalisée pour Le Figaro, RTL et LCI sur les attentes des Français à l'égard du gouvernement pour 2018.pol 201803 bilanMacron

Premier enseignement, le président de la République dispose encore d'une marge de manœuvre conséquente auprès de l'opinion qui rechigne à juger son action dès maintenant. Certes, ils sont 35 % à juger de façon positive le bilan de l'action d'Emmanuel Macron (plutôt chez ses partisans) et 37 % à le juger négativement (plutôt chez ses opposants). Mais ils sont encore 21 % à estimer qu'«il est trop tôt pour juger» le bilan de l'action du chef de l'État. «Beaucoup de gens sont encore dans l'expectative. Il y a un effet de curiosité. L'élection présidentielle est derrière nous et le paysage politique est confus», explique Emmanuel Rivière, le directeur général de Kantar Public.

Sondage: l'année 2018 commence bien pour Emmanuel Macron

Avant d'exprimer une opinion tranchée, les Français attendent de voir sur trois points en particulier.

C'est surtout sur l'amélioration du pouvoir d'achat qu'ils se disent le plus attentifs (51 %), ensuite sur la baisse du chômage (43 %) et enfin sur la diminution des impôts et des charges (40 %). À noter que les préoccupations restent extrêmement vives sur «la lutte contre le terrorisme» (34 %) et «la maîtrise des problèmes de l'immigration» (31 %).

«Espoirs et inquiétudes»

Tous ces thèmes recoupent peu ou prou l'action engagée par Emmanuel Macron depuis son élection et résonnent avec les priorités que s'est données le chef de l'État depuis la rentrée. «Les Français expriment d'un côté des espoirs, on le voit sur les questions sociales, et de l'autre des inquiétudes, notamment à l'égard du terrorisme et de l'immigration, résume Emmanuel Rivière. Le président de la République va devoir jouer sur les deux tableaux.»

Côté espoirs, donc, les premiers effets de la suppression des cotisations sociales commenceront à se faire sentir fin janvier sur les fiches de paie des salariés. Quant au chômage, le président de la République n'a certes pas pris d'engagement public sur l'inversion de la courbe mais c'est bien cet objectif que visent, à long terme, les ordonnances sur le Code du travail. De même que la réforme de la formation professionnelle qui doit être votée dans les six mois.

Quant à la baisse des impôts et des charges, elle était au cœur de la campagne d'Emmanuel Macron avec sa promesse de supprimer la taxe d'habitation. Le processus est lancé mais pas encore abouti. Cette priorité apparente accordée par les Français à leur portefeuille occulte toutefois leur principale inquiétude: le sort fait à la jeunesse.

Lorsqu'ils sont interrogés sur l'importance qu'ils accordent à telle ou telle réforme annoncée, les Français jugent prioritaire l'exigence de «faciliter l'entrée des jeunes sur le marché du travail» (41 %). Un enjeu qu'ils placent juste derrière le renforcement des lois antiterroristes (43 %) et devant la baisse des impôts pour les particuliers (38 %).

Côté inquiétudes, plusieurs réformes dont s'est emparé Emmanuel Macron arrivent très haut dans le classement des Français. Preuve de leur demande de fermeté sur les dossiers régaliens. À la veille du déplacement à Calais du chef de l'État (lire page 4), la demande de «lutter contre l'immigration clandestine» est jugée prioritaire par 43 % des sondés, devant celle de «durcir les règles du droit d'asile pour les réfugiés» (35 %). «Si le président de la République donne un sentiment de fragilité sur ces aspects, cela peut lui être préjudiciable», met en garde Emmanuel Rivière. Lequel constate toutefois qu'en cette rentrée 2018, Emmanuel Macron se retrouve calé sur les demandes du pays. «Sa feuille de route à court terme le met en phase avec les attentes des Français», observe Emmanuel Rivière. Traduction en chiffres: 55 % des personnes interrogées estiment que l'action du gouvernement est conforme aux engagements pris par Emmanuel Macron pendant la campagne.

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