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L'image de la France n'est qu'un problème de surface.

 

Huffington Post - 22 janvier 2018 - Par Jean-Baptiste Duval (Photo AFP)

EMPLOI - "Choose France!" Ce lundi 22 janvier, le président Macron va marteler ce message aux 140 patrons de multinationales réunis pour un sommet à Versailles. A la veille de l'ouverture du forum de Davos en Suisse, où il se rendra, le président pro entreprises fera la pub de son pays auprès de Coca-Cola, Facebook, Google, Goldman Sachs, etc.

L'Elysée attend cinq annonces significatives, dans l'industrie et le numérique et près d'une dizaine d'autres de taille moyenne, dont Toyota, qui a doit investir 300 millions d'euros dans son usine d'Onnaing, près de Valenciennes, avec des centaines de nouveaux emplois à la clé.

Le chef de l'Etat s'y est justement rendu en début d'après-midi. "Si Toyota décide d'investir 300 millions et créer 700 CDI ici, c'est parce que vous êtes bons", a-t-il déclaré, devançant l'annonce officielle par le groupe de cet investissement pour moderniser et renforcer l'usine.

Facebook a pour sa part annoncé ce jour le lancement de deux programmes de formation au numérique pour 65.000 personnes et un investissement de 10 millions d'euros dans l'intelligence artificielle.

Rien à dire, le plus jeune président de la Ve République fait des miracles pour l'image de marque de la France. Ses réformes de la fiscalité et du droit du travail sont allées droit au cœur des investisseurs.

Enthousiasme des investisseurs

Selon un baromètre réalisé en novembre par la Chambre de commerce américaine et le cabinet Bain, 72% des investisseurs américains s'attendent à une évolution positive du contexte économique en France contre 30% en 2016, un record depuis 18 ans.

En décembre, 70 patrons de filiales françaises de groupes étrangers avaient salué les premières réformes du gouvernement, et selon un sondage Ipsos auprès de 200 responsables de grosses sociétés étrangères en décembre, 60% jugent le pays attractif contre 46% en 2016.

Bien sûr, Emmanuel Macron et la France sont aussi portés par les signaux protectionnistes de Donald Trump et Theresa May. Mais les milieux d'affaires achètent la "start up nation" chère à Macron.

E​​​nfin, au sens figuré plus qu'au sens propre. Si redorer l'image de la France est un premier pas nécessaire, il en reste beaucoup d'autres à faire pour résoudre les profonds déséquilibres de notre économie, et venir à bout d'un chômage qui refuse de baisser pour de bon.

Pour l'instant, la "start-up nation" tient du coup de com', à défaut de peser sur la réalité économique. Ainsi, l'hyper-présence française au CES de Las Vegas doit plus aux aides publiques pour financer le voyage des entreprises qu'au génie de nos entrepreneurs. Un choix qui peut se défendre, mais que la Chine ou l'Allemagne n'ont pas jugé pertinent.​

Gare à l'effet village Potemkine. Dans les faits, la part des emplois du secteur technologies de l'information et de la communication est plus faible en France que chez nos concurrents directs, selon une étude Natixis.

Emploi dans le secteur des technologies et de l'information et de la communication
(% de l'emploi total). Source: OECD Digital Economy Outlook 2015

 


Autre indicateur qui fait mal: la robotisation des usines en France, qu'elles soient détenues par des fonds français ou étrangers, est plus faible et plus lente qu'ailleurs. Malgré la bonne nouvelle Toyota du jour, cela veut dire que les investissements dans le tissu industriel sont toujours à la peine, un mauvais signe pour la compétitivité du "made in France".

 

Stock de robots industriels (pour 100 emplois dans le secteur manufacturier)
Sources : IFR International Federation of Robotics, Natixis

 

Résultat, notre balance commerciale continue de se dégrader, c'est-à-dire que, année après année, la France importe toujours plus qu'elle n'exporte. "Les créations de start-up, le 'bouillonnement entrepreneurial' en France ne modifient pas la situation macroéconomique de la France", résume une étude de la banque Natixis du 15 janvier.

Bref, Emmanuel Macron n'est pas au bout de ses peines. Le faible niveau des compétences de la population active, et plus encore des jeunes, dont témoignent les enquêtes internationales (PISA, PIAAC...) serait au coeur du problème.

Un constat que partage la ministre du Travail Muriel Pénicaud qui a fait de la réforme de la formation professionnelle et de l'apprentissage son prochain chantier. "Il n'y a pas de sujets tabou, tout sera mis sur la table avec les partenaires sociaux, les Régions, les chambres consulaires, les praticiens de terrain...", a-t-elle déclaré au JDD en novembre.

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