Manuel Valls

Politique

Lors d'une conférence universitaire à Rome jeudi, relayée vendredi par Le Monde, Manuel Valls a livré son sentiment sur le mandat de François Hollande, ne mâchant pas ses mots sur l'ancien Président.

 

Le Figaro.fr - 9 février 2018 - Par Pierre Lepelletier ( Photo Philippe Lopez/AFP)

Son analyse est sévère. Invité pour une conférence à la Luiss School of Governement à Rome, l'ancien Premier ministre a dressé un sombre bilan du quinquennat de François Hollande, comme le rapporte Le Monde . «On a échoué... Quand le président sortant ne peut même pas se présenter, que son premier ministre est battu par un membre de l'aile gauche de son parti, que celui-ci obtient 6% des voix au premier tour de la présidentielle, que le PS passe de trois cents à trente députés, c'est un échec», a estimé Manuel Valls.

Pas tendre envers François Hollande

L'ancien Premier ministre, aujourd'hui député, rangé dans la majorité, a également pointé du doigt le rôle de François Hollande. Il est notamment revenu sur sa nomination à Matignon en 2014. «À l'évidence, depuis deux ans, ça n'allait pas. Mais François Hollande ne m'a jamais dit que je serais premier ministre. D'ailleurs il ne m'a jamais annoncé que je l'étais. En réalité, c'est mon prédécesseur Jean-Marc Ayrault qui me l'a dit. Il était comme ça, il avait du mal à dire les choses…»

François Hollande «avait du mal à dire les choses»

Manuel Valls

Manuel Valls est également revenu sur la sortie du livre Un président ne devrait pas dire ça dans lequel le chef de l'État livre des confidences tumultueuses à deux journalistes. «Je n'ai pas compris son attitude, cet ouvrage avec les deux journalistes du Monde. Pour moi, secret et discrétion font partie des qualités d'un chef d'État.»

Autre reproche de l'ancien locataire de Matignon à François Hollande: le manque de communication concernant la réforme du marché du travail en 2016, dit loi El Khomri. «Il y a eu en 2016 une réforme du marché du travail sans que le président l'ait annoncée. C'est un énorme raté de communication. Là, j'ai su que j'allais vraiment devenir impopulaire. Mais quand vous préparez mal une réforme, que vous ne l'expliquez pas bien et que vous la faites passer de force…»

«La très grande idée de nommer Emmanuel Macron»

L'ancien locataire de Matignon l'a également assuré lors de sa conférence: la nomination d'Emmanuel Macron à Bercy lui revient. «La cohérence [du quinquennat] n'est arrivée qu'en septembre, avec le départ du gouvernement de deux ministres [les deux «frondeurs» Benoît Hamon et Arnaud Montebourg, le 25 août 2014, ndlr]. C'est là que j'ai eu la très grande idée de nommer Emmanuel Macron au gouvernement», assure-t-il.

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