Christian Estrosi et Éric Ciotti posant devant la baie des Anges, à Nice. Valéry Hache / AFP

Municipales à Nice

Selon l’étude Elabe-Berger Levrault pour Le Figaro, BFMTV et Nice-Matin, Éric Ciotti serait en capacité de ravir l’Hôtel de ville à son ancien mentor, quelle que soit la configuration de second tour.

Le Figaro - 27 février 2026 - 

Voilà Éric Ciotti en capacité de réaliser son rêve. À trois jours du grand débat prévu lundi soir sur BFMTV et Le Figaro TV, avec Nice-Matin ; et à deux semaines des élections municipales des 15 et 22 mars ; notre sondage Elabe-Berger Levrault pour Le Figaro, BFMTV et Nice-Matin révèle que le nationaliste est en capacité de renverser son ancien mentor devenu son grand rival, Christian Estrosi, dans la cinquième ville de France. La liste conduite par le député UDR est donnée à 41% au premier tour, loin devant celle de l’édile Horizons, créditée de 30%. Les deux candidatures de gauche, incarnées par l’écologiste Juliette Chesnel-Le Roux (soutenue par le PS et le PC) et la mélenchoniste Mireille Damiano (LFI) seraient en mesure de se qualifier, avec respectivement 13% et 11%. Enfin, Reconquête! (4%) et Lutte ouvrière (1%) seraient éliminés. «L’avance d’Éric Ciotti peut s’expliquer par son implantation locale et par le fait qu’il n’est pas un candidat UDR-RN comme les autres. Il semble aussi profiter d’un mouvement national favorable au RN, qui est d’autant plus prégnant dans le Sud-Est», résume Bernard Sananès, président fondateur de l’institut Elabe.

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Ce large écart d’une grosse dizaine de points au premier tour permettrait à Éric Ciotti de se retrouver en ballottage favorable pour ravir l’Hôtel de ville du bord de la baie des Anges. L’ex-patron des Républicains, désormais à la tête de l’UDR, l’emporterait dans toutes les configurations testées. Que ce soit une triangulaire avec l’une ou l’autre des listes de gauche (45/33/22 avec la candidate écologiste, 45/35/20 s’il s’agit de la candidate LFI). Et il m’emporterait sur le fil même en duel (51/49).

«Cela serait une surprise si aucune liste de gauche ne dépasse les 10%, souligne Bernard Sananès. Le cas d’une triangulaire est plus que périlleux pour Christian Estrosi. Dans un duel, c’est plus compliqué pour Éric Ciotti qui a très peu de réserve de voix», poursuit le sondeur. La question d’un «vote barrage» ou d’un «front républicain» se poserait alors, d’autant plus dans cette élection très nationale par la notoriété des deux principaux rivaux, mais aussi par leur historique rivalité.

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Paradoxalement, selon les estimations de report, Christian Estrosi prendrait plus de voix chez les électeurs Insoumis (60%) que chez les électeurs Verts (41%). Ces derniers favoriseraient davantage l’abstention (50%). «LFI a un électorat très politique et l’électorat écologiste se met moins dans une situation de retrait», analyse Bernard Sananès, qui note quand même «qu’un électeur sur cinq n’exprime pas pour l’instant d’intention de vote au second tour, une raison de plus pour considérer cette hypothèse comme très ouverte». Le président d’Elabe souligne encore que Christian Estrosi «perd beaucoup sur sa base» au premier tour puisque 37% de ses électeurs lui préfèrent son principal adversaire, ce qui est considérable pour un maire sortant. «Éric Ciotti perturbe son socle électoral», résume-t-il, évoquant aussi un possible phénomène d’usure pour l’édile, en poste depuis près de vingt ans.