Retraites
Le Conseil d’orientation des retraites prévoit désormais un déficit du système de retraites de 2,4% du PIB en 2070 (contre 1,4% auparavant), en raison notamment d’une natalité plus faible que prévu, tandis que ses projections à moyen terme restent inchangées.
BFMBusiness - 8 juin 2026 - Frédéric Bianchi avec AFP
Le Conseil d'orientation des retraites (Cor) va alourdir sa prévision de déficit du système des retraites en 2070 en raison notamment de la baisse de la natalité, selon son projet de rapport annuel qui doit être approuvé jeudi par les membres de l'institution, et dont l'AFP a eu connaissance.
Selon ce baromètre annuel de la santé du système des retraites, qui va contribuer à planter le décor pour la prochaine élection présidentielle, le déficit des retraites est désormais prévu à 2,4% du PIB en 2070, contre 1,4% dans le rapport de l'an dernier.
En revanche la prévision de déficit à moyen terme - 2030 et 2045 - reste stable, à 0,2% et 0,9% du PIB.
Pour équilibrer le système, l’une des solutions avancées par les experts du Cor serait une augmentation de l'âge légal de départ à... 67,6 ans en 2070, indique Le Parisien.
"Dans le scénario de référence, l’équilibre structurel annuel du système de retraites jusqu’en 2070 pourrait être assuré par le seul levier de l’âge de départ à la retraite, peut-on lire dans le rapport de 260 pages. Cela impliquerait de porter l’âge moyen de départ à 64,4 ans en 2030, 65,8 ans en 2045 et 67,6 ans en 2070, soit respectivement 0,3 an, 1,2 an et 3 ans au-dessus du niveau atteint spontanément, à législation inchangée."
Jusqu’à présent, le Cor tablait sur un déficit du système de retraite de 0,2% du PIB en 2030, soit environ 6 milliards d’euros, et de 1,4 point de PIB en 2070. Avec le vieillissement de la population, les dépenses de retraites sont en effet attendues en hausse, passant de 13,9% du PIB en 2024 à 14,2% en 2070 tandis que les ressources auraient légèrement diminué (de 13,9% du PIB à 12,8%).
Des prévisions qui étaient calquées sur des hypothèses de fécondité et de migration très éloignées de la réalité. Le scénario central du Cor prévoyait un indice de fécondité de 1,8 enfant par femme dans les prochaines années. Or ce même indice est déjà tombé à 1,56 en 2025, au plus bas depuis 1918.
1,45 enfant par femme
Dans le projet de rapport, le COR cite deux raisons principales pour expliquer la prévision à la baisse de sa prévision en 2070.
Les partenaires sociaux qui gèrent le régime complémentaire Agirc-Arrco ont défini de nouvelles règles, "plus favorables", pour la revalorisation des retraites complémentaires à partir de 2038, explique-t-il.
Par ailleurs, le Cor a baissé à 1,45 enfant par femme son hypothèse de taux de fécondité pour les décennies à venir (1,8 enfant par femme jusqu'à maintenant) pour tenir compte de la baisse de la natalité qui va accentuer le vieillissement de la population française et peser sur le financement des régimes de retraite.
"Il convient toutefois de rester prudent dans l'analyse de ces perspectives de long terme, les évolutions de la natalité au-delà de 20 ans demeurant difficiles à anticiper de façon robuste", indique le COR.
S'il y a dégradation du solde en raison du vieillissement démographique, les chiffres du rapport "ne corroborent pas" pour autant "l'idée d'une progression des dépenses de retraites qui échapperaient à toute maîtrise", selon le projet de rapport.
"Il est important de le rappeler, notamment dans un contexte où les plus jeunes expriment des doutes quant à la capacité du système à leur garantir une pension à l'avenir" est-il souligné.
A moyen terme, d'autres facteurs jouent en sens inverse et contribuent à éviter une dégradation du déficit à 0,2% en 2030 et 0,9% en 2045, comme dans le rapport de 2025.
Le doublement de la prévision de solde migratoire (+150.000 personnes, contre 70.000 auparavant), et une espérance de vie qui augmenterait légèrement moins vite qu'anticipé jusqu'à maintenant devraient ainsi empêcher la dégradation du déficit.
Ces deux facteurs permettront d'absorber notamment le coût de la suspension temporaire de la réforme des retraites de 2023 décidée par le gouvernement Lecornu (1,8 milliards d'euros en année pleine).
- 11 Lectures
