Santé 

L’Observatoire B2V des mémoires, cet organisme créé par le Groupe de protection sociale B2V, pour explorer la mémoire et le fonctionnement de nos cerveaux et vulgariser l’information scientifique, nous rappelle pourquoi il est vraiment nécessaire de faire une pause.

L'Opinion - 26 juin 2026 - Par Carole Papazian

 

Couper les notifications, rêvasser, c’est ça se reposer vraiment. L’été est la période idéale pour prendre du recul sur l’année écoulée et profiter de l’instant. Une nécessité dont nous sommes de plus en plus conscients au fur et à mesure des années. L’Observatoire B2V des mémoires explique pourquoi cette déconnexion est utile pour notre cerveau. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est pas parce qu’il sera au repos, mais au contraire parce qu’en n’étant plus assailli par des choses inutiles, il pourra enfin faire bosser !

La semaine dernière, j’ai passé quatre jours dans une clinique wellness en Espagne, où des entrepreneurs, des dirigeants, des VIP, des sportifs et des personnes comme vous et moi se rendent pour prendre en main leur santé. Un check-up de luxe. Je vous raconterai tout ça bientôt.

Seule à ma table de restaurant, j’ai eu le temps d’observer les autres « solos » et les couples qui s’acclimataient eux aussi aux menus macrobiotiques. Stupéfiant !

Un invité était omniprésent : le smartphone. Le solide africain quinqua du fond de la salle le posait face à lui et discutait au fil des plats avec sa famille sur un autre continent, le couple de jeunes British beaux comme des Barbies, trente ans à tout casser, s’absorbait chacun de leur côté dans leur bulle virtuelle sans s’adresser la parole, le jeune entrepreneur latino looké aux cheveux longs, lui, tapait frénétiquement sur le sien… Il y a des moments comme ça où la réalité nous frappe en pleine face.

Un peu la même chose que lorsqu’on réalise grâce au rapport hebdomadaire de nos petits écrans le temps passé à scroller, converser, chercher, s’égarer…

Et c’est justement en scrollant, sur Instagram je crois, qu’est apparue soudain sur mon écran Alessandra Sublet, enfin un micro morceau d’interview d’elle sur TV Monaco. Elle expliquait avoir récemment pris la décision de partir en vacances sans portable avec sa famille recomposée et ses ados.

Sans aller jusque-là, il est possible et nécessaire de dompter ces petites machines si utiles.

Et oui, il faut les maîtriser ! L’Observatoire B2V des mémoires, cet organisme créé par le Groupe de protection sociale B2V, pour explorer la mémoire et le fonctionnement de nos cerveaux et vulgariser l’information scientifique, nous rappelle pourquoi il est vraiment nécessaire de faire une pause.

Et l’été est un bon moment pour prendre de bonnes habitudes qui vont nous faire du bien !

Désactiver les notifications

Sans aller jusqu’à laisser son portable à la maison (il peut servir !), il existe des demi-mesures efficaces. « Une déconnexion partielle vaut mieux qu’aucune déconnexion. Chaque interruption évitée est une occasion de prendre du recul sur son quotidien et de clarifier ses pensées pour prendre des décisions importantes », estime l’observatoire.

Bon, vous n’aviez sans doute pas besoin de moi pour le savoir...

Ce qui est plus intéressant, c’est de comprendre ce qui se passe dans notre cerveau.

Voici de bonnes raisons de déconnecter à petites doses et de passer en mode repos. En plus, ce sera tout bénéfice pour vos petites cellules grises, comme disait Hercule Poirot.

Ne croyez pas que quand vous ne faites rien, votre cerveau se repose !

La preuve ? « Même allongé dans un hamac, les yeux fermés, le cerveau consomme encore près de 20 % de l'énergie totale du corps, soit seulement 5 % de moins que lorsqu’il est mobilisé pour résoudre un problème », indique l’observatoire B2V.

Quand vous, vous pensez ne rien faire, ça s’agite à l’intérieur.

Certaines régions cérébrales s’activent quand on n’a aucune tâche à accomplir. « Ce mode est celui de l’introspection, de la synthèse et de la créativité : le cerveau se projette, imagine, relie des connaissances et des souvenirs entre eux. Il joue un rôle capital dans la construction de notre mémoire épisodique et de notre identité ».

Se donner rendez-vous avec soi-même

Oui, affirme l’Observatoire, les vacances aident le cerveau à mieux mémoriser l’année écoulée. Le ralentissement estival permettra de consolider nos acquis et nos souvenirs. « Le réseau du mode par défaut, activé pendant les moments de rêverie, est directement connecté à la mémoire autobiographique, celle qui abrite nos connaissances et nos souvenirs personnels, mais aussi aux projets et à la compréhension des autres ».

En déconnectant du flot d’informations quotidien, ce réseau peut faire un travail de tri et d’intégration, rendu difficile par la surcharge cognitive le reste de l’année.

Nul besoin de partir longtemps

Bonne nouvelle si vos congés sont moins longs que vous l’espériez ! Ce qui compte, ce n’est pas la durée, cinq, quatre, trois, deux, une semaine, non, non, c’est la qualité de la déconnexion.

D’ailleurs, pourquoi attendre les vacances ? Si on commençait dès ce week-end, les neuroscientifiques conseillent de courtes pauses régulières : quelques heures de déconnexion complète plusieurs fois par jour sont très efficaces. Randonnée et activité manuelle permettent de déconnecter. Mais, bonne nouvelle, buller aussi !

« Laisser l’esprit vagabonder dans les transports active le réseau du mode par défaut tout aussi efficacement qu’une escapade lointaine et nous fait prendre un autre rythme », promet l’Observatoire.

Bon, à condition de ne pas être cerveau en éveil pour éviter pickpockets ou voisins énervés dans un métro bondé…

Le vagabondage mental est bon pour la mémoire

Tous ceux et toutes celles qui sont distraits, dans la lune, tiennent leur revanche ! Se plonger dans ses pensées serait une ressource cognitive sous-estimée. « Ces moments sans objectif, où l’on laisse place à la rêverie et à l’imprévu, activent les zones cérébrales impliquées dans la mémoire et la créativité. Ils favorisent la consolidation des souvenirs et l'émergence de nouvelles idées ».

Paradoxalement, c’est souvent en « ne faisant rien » que le cerveau accomplit certaines de ses tâches les plus élaborées. Et bim, voilà la réponse imparable face à cette bande d’amis hyperactifs, qui essaient, été après été, de vous embarquer dans une virée à vélo au dénivelé décourageant !

Rester hyperconnecté pendant les vacances a un impact sur la mémoire

L’hyperconnexion perturbe la qualité du sommeil, augmente le stress et fragmente l’attention. Trois facteurs nuisibles pour la mémoire. Nos cerveaux ne sont pas faits pour traiter le flot constant d’informations digitales. « Lorsque les notifications interrompent en permanence le fonctionnement du réseau du mode par défaut, elles empêchent le cerveau d’effectuer son travail de consolidation et de projection ».

Cet été, on ne cherche pas à « optimiser » les vacances. Pas d’agenda hypertrophié, plus de programme sautillant d’un endroit à un autre, d’une visite à une autre.

Non, on lâche l’affaire. Et sans mauvaise conscience, vous savez pourquoi ?

Parce que « les moments sans objectif, regarder la mer, laisser l’esprit vagabonder, sont ceux où le cerveau consolide le mieux les informations et prépare la rentrée en profondeur »

Alors, cet été, c’est sûr, on va buller sans état d’âme !