Santé
Nouvelle Énergie publie aujourd’hui son deuxième Livret thématique, dédié à la santé. Porté par David Lisnard, ce travail propose une refondation profonde du système sanitaire français autour d’une conviction simple : la crise actuelle n’est pas d’abord une crise de moyens, mais une crise d’organisation et de doctrine.
Les Carnets - 6 mai 2026 - Par Nouvelles Énergies
Alors que la France consacre près de 333 milliards d’euros à la santé, soit 12 % de son PIB, les résultats se dégradent. Déserts médicaux, délais d’attente interminables, renoncements aux soins, épuisement des soignants : le système s’enfonce dans une logique de pénurie administrée.
« Le problème français n’est pas un problème de moyens. C’est un problème d’organisation, de structure et de doctrine. C’est donc un problème politique », affirme David Lisnard.
Le Livret Santé de Nouvelle Énergie repose sur trois grandes priorités : garantir le libre choix réel du patient, libérer les soignants de la suradministration et reconquérir notre souveraineté sanitaire.
Passer d’une politique du soin à une politique de la santé
La France continue de privilégier une logique curative plutôt qu’une véritable politique de prévention. Avec seulement 2,6 % des dépenses de santé consacrées à la prévention, notre pays figure parmi les derniers de l’OCDE.
Nouvelle Énergie propose de replacer la prévention au cœur de la politique sanitaire nationale : dépistage précoce, éducation à la santé, lutte contre la sédentarité, nutrition, accompagnement du vieillissement et stratégie nationale de santé mentale.
L’objectif est clair : mieux soigner, plus tôt, tout en maîtrisant durablement les dépenses publiques.
Garantir un accès réel aux soins
Le Livret défend un principe simple : permettre à chaque Français d’accéder rapidement au professionnel compétent.
Nouvelle Énergie propose ainsi un accès direct, avec remboursement plein, aux infirmiers en pratique avancée, kinésithérapeutes, sages-femmes ou pharmaciens dans le cadre de leurs compétences élargies. Cette évolution doit permettre de fluidifier les parcours de soins et de recentrer le médecin traitant sur son cœur de métier : le diagnostic, la coordination et le suivi des patients.
Le mouvement propose également une organisation territoriale des soins à l’échelle de chaque ancien canton afin de répondre concrètement à l’explosion des déserts médicaux et au désengorgement des urgences, dont les passages ont doublé en trente ans pour atteindre 21 millions par an.
Libérer les soignants de la bureaucratie
Pour Nouvelle Énergie, l’une des principales causes de l’effondrement progressif du système réside dans la suradministration.
Aujourd’hui, un médecin consacre en moyenne vingt heures par semaine à des tâches administratives. L’administration du système de santé représente 14,7 milliards d’euros par an, soit le taux le plus élevé d’Europe.
Le Livret propose une réorganisation profonde : suppression des ARS, décentralisation de l’organisation sanitaire, retour des maires à la présidence des hôpitaux et généralisation obligatoire du Dossier Médical Partagé afin de simplifier les parcours et éviter les actes redondants.
Retrouver une souveraineté sanitaire
La crise du Covid a révélé la fragilité des dépendances françaises en matière de médicaments, de dispositifs médicaux et de données de santé.
Nouvelle Énergie défend une stratégie de souveraineté sanitaire fondée sur la relocalisation des productions critiques, une programmation pluriannuelle de la recherche, le soutien à l’innovation médicale et la création d’un consortium national associant CHU, universités, laboratoires et industriels.
Cette ambition s’inscrit dans une loi d’orientation pluriannuelle de santé, sur le modèle des grandes lois de programmation stratégique.
Avec ce Livret Santé, Nouvelle Énergie entend ouvrir un débat de fond sur l’avenir du système sanitaire français et porter une vision fondée sur la liberté, la responsabilité, l’efficacité et la confiance dans les acteurs de terrain.
Pourtant, le système français, longtemps présenté comme l’un des meilleurs au monde, vacille sous le poids de ses contradictions : 87 % du territoire manque de médecins, les délais d’attente explosent, les soignants s’épuisent, et des milliers de patients renoncent aux soins.
Ce n’est pas une question de moyens – la France dépense plus que ses voisins. C’est une faillite d’organisation, un excès de bureaucratie, une défiance envers les soignants, une centralisation stérile. Nous défendons un modèle fondé sur la liberté et la responsabilité : liberté d’installer, de soigner, d’innover – responsabilité d’agir efficacement, au plus près du terrain, pour les patients.
1. Garantir l’accès aux soins par la liberté
Nous affirmons un principe simple : les Français ont droit à une prise en charge médicale, où qu’ils vivent. Mais cela ne passe ni par la contrainte, ni par les injonctions administratives. Cela passe par l’incitation, la liberté contractuelle, l’efficacité territoriale.
Nous proposons un conventionnement différencié : la Sécurité sociale rembourse mieux les actes dans les zones sous-dotées que dans les zones saturées. Nous défendons aussi la généralisation des maisons de santé pluridisciplinaires à l’échelle de chaque canton, et l’accès direct aux infirmiers, kinés, pharmaciens, pour désengorger les généralistes et fluidifier les parcours. Le soin commence par la proximité. Il ne peut être administré depuis Paris.
2. En finir avec la bureaucratie sanitaire : pour une République de la subsidiarité
Si notre système de santé dysfonctionne, ce n’est pas faute d’argent. C’est faute de souplesse, de clarté, de responsabilité. Un tiers du personnel hospitalier n’est pas soignant, le temps consacré à l’administratif est trop important, les ARS sont devenues des forteresses comptables, hors-sol et sans efficacité.
Nous refusons cette verticalité technocratique. Nous croyons au bon sens local, à la coordination de terrain. Nous voulons supprimer les ARS, transférer les responsabilités aux préfets et aux élus, redonner aux maires la présidence des conseils d’administration des hôpitaux.
Dans chaque bassin de vie, les communautés médicales locales devront pouvoir définir les besoins, organiser les stages, réguler l’offre. Ce n’est pas un repli, c’est un choix de subsidiarité démocratique : rendre possible l’efficacité là où les besoins sont connus.
3. Respecter les soignants, c’est leur rendre leur liberté
Respecter les soignants, c’est d’abord cesser de les infantiliser. Nous proposons un pacte fondé sur la liberté et la reconnaissance. Cela suppose une revalorisation salariale fondée sur les responsabilités, non sur les statuts, des recrutements contractuels souples, y compris passerelles public-privé, et la reconnaissance pleine des compétences paramédicales, dans une logique de coopération.
Surtout, il faut former plus et mieux. Nous voulons doubler le nombre d’étudiants en médecine d’ici 2030, supprimer Parcoursup, simplifier la LAS/PASS, autoriser l’exercice sous supervision dès la 5e année, et ouvrir tous les lieux de stage, publics comme privés. Ce n’est pas un problème de candidats – 90 000 jeunes veulent devenir médecins chaque année – c’est un problème de sélection absurde et de corporatisme inerte.
4. Retrouver notre souveraineté sanitaire et investir dans l’innovation
La France est malade de ses dépendances. Elle ne produit plus que 30 % des médicaments qu’elle consomme. Elle subit des ruptures d’approvisionnement sur 4 000 médicaments en 2023, et a perdu sa place dans la recherche biopharmaceutique mondiale.
Il faut changer d’échelle. Nous proposons la création d’un consortium pharmaceutique européen, sur le modèle d’Airbus, pour mutualiser la demande, garantir des prix, et relocaliser les chaînes de valeur.
Nous proposons aussi de réinvestir dans la recherche publique en santé, et de créer des clusters français de biotechnologie et de médecine génomique. La France a les cerveaux. Ce qu’il lui manque, c’est une volonté politique, une stratégie, une gouvernance efficace.
Enfin, nous défendons une réglementation agile et sécurisée pour l’innovation médicale : télésurveillance, IA diagnostique, robotique chirurgicale… C’est une question de compétitivité, mais aussi d’égalité d’accès aux soins. Là encore, le modèle n’est pas le contrôle mais la confiance.
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