couverture programme datiLe nouveau Paris populaire.

Ce document est notre programme pour Paris. Il a une fonction simple : présenter la direction de l’action municipale que nous mènerons une fois élus. Mais il ne vient pas seul. Depuis plusieurs mois, nous publions aussi des plans thématiques. L’un ne va pas sans les autres.

Ces plans répondent à des urgences précises comme « baisser les loyers », « fonder un véritable service public de l’éducation communale ». Ils proposent des solutions détaillées et opérationnelles. Le programme, lui, est le fil conducteur : il structure notre vision d’ensemble, présente des mesures fortes et articule les différents volets de l’action municipale. C’est la boussole politique qui donne sens et cohérence à tous les plans.

Le programme est pour nous central. Alors que mes concurrents et concurrentes ont sorti des livres pour s’épancher sur leurs vies respectives, faire du « moi je », je préfère mettre en avant notre programme. Car pour nous, à la France insoumise, le candidat, c’est toujours et encore le programme. C’est avec notre programme présidentiel L’Avenir en commun que nous avons installé dès 2017 dans le débat public l’idée qu’une rupture avec l’ordre établi est possible et qu’elle peut se traduire en décisions concrètes.

Un programme municipal a la même vocation, à l’échelle de la ville : fédérer des femmes et des hommes très différents autour d’une compréhension commune des urgences, des besoins et des tâches politiques à accomplir. Ce n’est pas un catalogue de promesses, mais un chemin de bataille politique. Un chemin pour affirmer que oui, un autre Paris est possible.

Avec l’épuisement de l’actuelle majorité sortante, qui depuis un quart de siècle dirige la Ville, Paris se prépare à écrire une nouvelle page de son histoire. Je suis la seule candidate dans cette élection à porter un programme clair de rupture avec le passé, centré sur la priorité donnée à la vie quotidienne des habitants, un programme pour que Paris redevienne une ville où l’on peut vivre, respirer, s’émanciper sans devoir être obligatoirement fortuné pour cela.

Pour rendre cette ambition lisible, notre projet pour Paris est organisé en six axes :

Faire la révolution citoyenne à Paris
Pour un Paris populaire et de l’entraide
Répondre aux urgences du quotidien des Parisiens
Vivre mieux à Paris
Planifier la bifurcation écologique à Paris
Paris, ville ouverte

Les pages qui suivent développent chacun de ces axes. Cette introduction explique le sens politique que nous leur donnons.

Axe 1 – Faire la révolution citoyenne à Paris

Ce programme municipal pour Paris s’inscrit dans une histoire longue. Ville des révolutions, Paris a vu naître, dès 1789, avec ses sections, une démocratie directe rompant avec les hiérarchies et les dépendances de l’Ancien Régime. La Commune de Paris, en 1871, a expérimenté avant le reste du peuple français la séparation des Églises et de l’État, l’école laïque, gratuite et obligatoire, la révocabilité des élus, ou encore de nouveaux droits pour les femmes et les enfants.

Paris a été, avant beaucoup d’autres, un lieu d’invention politique, sociale et démocratique. Cet héritage n’est pas un monument figé que l’on visiterait de temps en temps. Il nous oblige. Il impose l’exigence d’un pouvoir réellement exercé par les Parisiennes et les Parisiens.

Car pour nous, la commune n’est pas un simple échelon technique de gestion : c’est un outil au cœur de notre objectif politique, la révolution citoyenne. Nous visons une rupture concrète avec l’ordre établi – écologique, institutionnel, économique, social. « Citoyenne » signifie que cette rupture passe par la reprise en main, par le peuple, des institutions et des décisions qui organisent sa vie quotidienne.

La révolution citoyenne ne se fera pas à Paris seule, ni dans quelques villes isolées. Mais c’est dans les communes que peut se forger la culture de l’intervention populaire permanente : de nouvelles pratiques, de nouveaux réflexes, un nouveau rapport aux élus, indispensable pour refonder la démocratie à l’échelle nationale. Les communes sont le niveau où s’approfondit la souveraineté populaire.

Paris n’est pas condamnée à être une ville-musée ni une ville réservée aux seuls multi-millionnaires. Elle peut redevenir une ville du peuple, gouvernée par les Parisiennes et les Parisiens eux-mêmes, capable de répondre aux urgences sociales, démocratiques et écologiques de notre temps. C’est pourquoi notre programme commence par cet axe consacré à la
démocratie : transparence, contrôle citoyen, pouvoir d’initiative et de révocation, Maisons de quartier, budgets participatifs réellement décisifs.

Cette bataille démocratique inclut la question des finances publiques. La dette parisienne est aujourd’hui instrumentalisée par l’extrême droite, la droite et le bloc macroniste pour ne proposer comme horizon que l’austérité, les coupes budgétaires et le désinvestissement. Pourtant, cette dette n’est pas le résultat d’investissements trop importants. Elle est le fruit de choix politiques : des années de sous-dotations de l’État, des privatisations coûteuses, des grands projets qui n’ont pas bénéficié aux classes populaires.

Nous refusons cette logique comptable qui sacrifie les services publics et la population sur l’autel de dogmes financiers. Nous mènerons une politique d’une autre nature : une relance écologique et sociale. Permettre aux Parisiennes et aux Parisiens de se loger, de vivre, de travailler et de consommer à Paris, c’est aussi garantir des recettes fiscales et des services publics solides : un cercle vertueux. La réduction de la dette sera la conséquence d’une politique au service de la majorité, et non son point de départ.

Axe 2 – Pour un Paris populaire et de l’entraide

Cette ambition démocratique n’a de sens que si elle s’inscrit dans une politique d’entraide. Une commune n’est pas une abstraction juridique, mais un lien concret entre des gens qui partagent un espace, des contraintes, des solidarités. Protection de l’enfance, lutte contre la pauvreté, accueil digne des migrants, droits des personnes en situation de handicap, vie digne pour la jeunesse et les personnes âgées, organisation d’un nouveau rapport au travail : ce sont là des choix politiques majeurs.

Paris n’est pas une ville comme les autres. Capitale de la France, elle accueille environ 17 % de la population francilienne sur moins de 1 % du territoire régional. Avec près de 20 000 habitants au kilomètre carré, sa densité est la plus élevée de France et parmi les plus élevées du monde. Cette concentration rend tout plus sensible : le logement, la pauvreté, l’accès aux services publics, l’espace public, la pollution, le bruit, la chaleur, la propreté, les violences, les inégalités.

Et cela rend plus insupportable encore ce que nous voyons chaque jour : des campements, des personnes qui dorment à même le sol, des familles entières à la rue, des jeunes à qui l’on refuse un hébergement, des personnes en situation de handicap qui renoncent à sortir faute d’accessibilité. On ne s’y habitue pas. Et même en raisonnant égoïstement, une vérité simple s’impose : personne ne peut vivre heureux dans un océan de malheur.

Une ville tient par l’entraide et le sentiment d’appartenance collective. Elle se délite par l’indifférence et l’individualisme. Notre deuxième axe est donc celui d’un Paris populaire et solidaire qui protège en priorité celles et ceux qui subissent de plein fouet la crise sociale, qui garantit l’accès aux droits fondamentaux et qui fait de l’entraide un principe d’organisation de la ville, pas une simple politique résiduelle.

Axe 3 – Répondre aux urgences du quotidien des Parisiens

Le Paris de la droite et des socialistes a, depuis des décennies, chassé au-delà du périphérique celles et ceux qui font vivre la ville au quotidien : agents municipaux, soignants, enseignants, employés du commerce, livreurs, artistes, travailleuses et travailleurs essentiels. Le résultat est connu : des heures de transport, des loyers intenables, des quartiers populaires fragilisés, un Paris qui se vide de ses classes populaires et de ses classes moyennes, de ses familles.

Nous refusons une ville qui se construit contre sa propre population. Garantir le droit au logement sera la première bataille que nous mènerons. Mais elle ne peut être isolée d’autres urgences du quotidien : l’école publique, le périscolaire, la petite enfance, la santé de proximité. C’est la vie de tous les jours, la possibilité ou non de rester à Paris pour y vivre dignement.

Notre troisième axe vise donc à répondre à ces urgences du quotidien. En bref : rendre la ville à celles et ceux qui y vivent.

Axe 4 – Vivre mieux à Paris

Dans le même temps, Paris est aujourd’hui une ville convoitée, vendue, fragmentée. Une ville petite, moyenne ou grande, c’est un gâteau juteux pour les oligarchies de l’immobilier et du BTP, pour les monopoles privés de l’eau, des déchets, des transports, et aujourd’hui pour les seigneurs du numérique. « Attractivité du territoire », « partenariats public-privé », « renouveau urbain », « marketing territorial » : ces mots ronflants habillent une réalité bien laide, celle de la vente à la découpe de nos villes aux intérêts privés.

Les promoteurs et les grandes fortunes françaises comme Bernard Arnault ou Xavier Niel, mais aussi étrangères à travers des fonds d’investissement basés dans des paradis fiscaux, deviennent les vrais décideurs de l’aménagement de la ville. Et au bout de la chaîne, ce sont les classes populaires et les classes moyennes qui paient ce tout marchand. Que ce soit dans la culture, le sport ou la vie nocturne. Mais aussi par la disparition de nos commerces de proximité et nos artisans, et l’écrasement de la vie de quartier.

Car vivre Paris, ce n’est pas vivre le Paris de la carte postale. C’est vivre dans une ville habitée, vivante, populaire et créative. C’est la liberté de se déplacer, se retrouver, s’exprimer, partager des moments de culture, de convivialité et de fête, sans être prisonnier des logiques marchandes.

Nous refusons une ville structurée par la rente immobilière, la spéculation foncière et le tourisme de masse. Ce modèle a fragmenté Paris, accentué les inégalités, fragilisé les quartiers. Il a transformé certains arrondissements en vitrines insipides et d’autres en zones reléguées.

Notre Paris est une ville populaire de culture, de fête, de sport, de rencontres et de libertés, et non un espace normalisé, surveillé, marchandisé ou réservé à une minorité. Une ville où l’on peut sortir sans être obligé de consommer, où l’on peut pratiquer un sport sans être freiné par le prix, où l’on peut créer et s’organiser sans être bloqué par le manque de lieux.

« Vivre mieux à Paris », c’est reconquérir les conditions d’une vie émancipatrice dans la ville : un service public des arts et de la culture, un sport populaire, une vie nocturne régulée mais dynamique, des quartiers animés par leurs habitants et non par des investisseurs, une sûreté pensée à partir des droits et non de la peur de l’autre et de la privatisation des espaces.

Axe 5 – Planifier la bifurcation écologique à Paris

L’une des tâches centrales de la révolution citoyenne est de rompre avec un mode de production, de consommation et d’échange qui détruit le vivant et fracture la société. La planification écologique est le moyen concret pour y parvenir.

Et où se trouvent les structures de base de la planification écologique ? Dans les communes, précisément. C’est à cette échelle que l’on peut définir les besoins essentiels, décider des investissements, reprendre en main les biens communs : l’eau, l’énergie, les déchets, l’espace public, la biodiversité urbaine. Ce que le marché ne sait ni prévoir ni protéger, nous devons et pouvons l’organiser démocratiquement.

Paris n’est pas adaptée au changement climatique. Les canicules, les îlots de chaleur urbains, la pollution de l’air, les inégalités d’accès aux espaces verts et la précarité énergétique rendent la situation intenable, notamment pour les plus modestes. L’heure n’est plus au verdissement cosmétique ni à quelques pistes cyclables construites parce que le vélo serait à la mode. Nous n’avons plus le choix.

Planifier la bifurcation écologique, c’est organiser une réduction massive des émissions, protéger le vivant, adapter la ville aux chocs climatiques qui arrivent. C’est transformer la façon dont nous produisons, nous chauffons, nous nous déplaçons, nous consommons. C’est accélérer la rénovation du bâti, végétaliser massivement, limiter les déchets, apaiser l’espace public. Tout en gardant en tête l’impératif de justice sociale. Là encore, Paris peut et doit montrer l’exemple.

Axe 6 – Paris, ville ouverte

Paris ne vit pas en vase clos. Elle est au cœur d’une métropole, entourée de communes qui partagent les mêmes difficultés de logement, de transports, de pollution, de services publics. Elle est aussi une ville-monde, traversée et façonnée par les crises internationales, les migrations, les mouvements sociaux, les combats pour les droits humains et pour la paix.

Nous refusons un Paris qui ignore ses voisins et méprise sa périphérie. Notre projet repose sur des coopérations concrètes avec les communes voisines pour le logement, les transports, l’écologie, les services publics, la culture, la solidarité.
La capitale ne peut pas se contenter d’exporter ses problèmes : elle doit coconstruire des solutions avec ses voisins. Mais cela peut se faire sans avoir besoin de la Métropole du Grand Paris qui s’avère être un échec démocratique et social. Nous avons donc l’intention de plaider pour la fin de cette instance technocratique inutile et dépolitisante, mais pour mieux renforcer les liens et coopérations directs avec les communes voisines.

Dans le même temps, nous voulons faire de Paris une commune internationaliste. Ville des révolutions, ville des exils, ville des solidarités, elle a une responsabilité particulière dans un monde marqué par les guerres, les inégalités, le dérèglement climatique. Paris doit être aux côtés des peuples qui luttent pour leur liberté, pour défendre le droit international et la paix.

Un programme de rupture construit avec la société

Ce programme municipal n’est ni un exercice de communication, ni un catalogue de promesses. Il s’inscrit dans une volonté politique de rupture avec la droite et avec les renoncements des socialistes.

Il vient de la société elle-même : des associations, des syndicats, des collectifs, des chercheurs et chercheuses, des habitantes et des habitants qui, depuis des années, alertent, proposent, expérimentent. Il part des besoins concrets et vise une bifurcation praticable, ici et maintenant, vers une ville plus juste, plus vivable, plus humaine.

Dans un pays où 80 % de la population vit désormais en ville, Paris est un symbole et un laboratoire. La ville peut être soit une ressource – accès aux soins, à l’école, aux transports, aux réseaux indispensables à la vie moderne – soit une source d’exclusion. Notre choix est clair : faire de Paris, une ressource commune et non une ville pour et par les milliardaires.

Voici le projet d’un Nouveau Paris Populaire.

Paris est à nous. À nous toutes et à nous tous.

 

 

Son programme en détail