
Editorial
La position de la France insoumise dans le conflit ukrainien achève de séparer les deux gauches, entre ceux qui soutiennent la démocratie ukrainienne et ceux qui prônent en fait sa reddition.
Le Journal.info - 4 mars 2025 - Par Laurent Joffrin
Fascinante incohérence de la gauche radicale. Aurélien Saintoul à l’Assemblée et Jean-Luc Mélenchon dans son blog tentent de se raccrocher aux branches en tenant un discours byzantin qui ne trompe personne. Fil conducteur de leur argumentation : l’anti-américanisme de grand-papa, qui met sur le même plan la politique de Biden et celle de Trump.
La France et l’Europe, disent-ils, se sont alignés sur la politique américaine, erreur cardinale. Elles ont soutenu l’Ukraine depuis le début, comme le souhaitaient les États-Unis, et sont pris à contrepied par la volte-face trumpienne. Il eût donc fallu abandonner l’Ukraine d’emblée, plutôt que de « s’aligner sur l’Amérique ». C’est-à-dire appliquer la politique de Trump avant lui en servant immédiatement les intérêts russes. Ce qui n’empêche pas Saintoul et d’autres de dénoncer maintenant le retrait américain et de verser des larmes de crocodile sur une indépendance ukrainienne qu’ils récusaient de facto auparavant.
De même, ils n’ont pas de mots assez durs pour la dépendance militaire excessive des Européens envers les États-Unis. Il fallait, disent-ils, se coiffer du képi du général de Gaulle et récuser la domination de l’OTAN sur la stratégie de défense européenne, de même qu’il fallait refuser toute idée de convergence stratégique avec nos voisins européens et donc, par exemple, sortir de l’Union au moment du référendum sur le Traité constitutionnel.
L’ennui, c’est que cette mâle indépendance supposait une augmentation substantielle du budget de la défense, de manière à doter la France des moyens de sa solitude. Augmentation que la France insoumise aurait évidemment dénoncée, en arguant que l’argent ne devait pas aller aux chars et aux canons, mais au bien-être du peuple français. Comme elle le fait aujourd’hui en stigmatisant les projets de renforcement des armées destinés à équilibrer la puissance de l’agressive Russie.
Rien d’étonnant : selon Saintoul, nous ne risquons rien sur ce plan, ce qui rend inutiles les efforts demandés, de même que Mélenchon avait déclaré quelques jours avant l’attaque russe que Poutine n’avait aucune intention d’envahir l’Ukraine. Grandiose lucidité sur les réalités du monde nouveau instaurées par l’agressivité des empires. Bref, on dit n’importe quoi pour justifier une politique de reddition à la force brute, quitte à sacrifier au passage une démocratie. En un mot, la France insoumise s’enferme de plus en plus dans un déni trumpien, qui consiste à prendre ses obsessions anti-occidentales pour des vérités d’évidence. Et ces gens prétendent encore représenter la gauche !
Fascinante incohérence de la gauche radicale. Aurélien Saintoul à l’Assemblée et Jean-Luc Mélenchon dans son blog tentent de se raccrocher aux branches en tenant un discours byzantin qui ne trompe personne. Fil conducteur de leur argumentation : l’anti-américanisme de grand-papa, qui met sur le même plan la politique de Biden et celle de Trump.
La France et l’Europe, disent-ils, se sont alignés sur la politique américaine, erreur cardinale. Elles ont soutenu l’Ukraine depuis le début, comme le souhaitaient les États-Unis, et sont pris à contrepied par la volte-face trumpienne. Il eût donc fallu abandonner l’Ukraine d’emblée, plutôt que de « s’aligner sur l’Amérique ». C’est-à-dire appliquer la politique de Trump avant lui en servant immédiatement les intérêts russes. Ce qui n’empêche pas Saintoul et d’autres de dénoncer maintenant le retrait américain et de verser des larmes de crocodile sur une indépendance ukrainienne qu’ils récusaient de facto auparavant.
De même, ils n’ont pas de mots assez durs pour la dépendance militaire excessive des Européens envers les États-Unis. Il fallait, disent-ils, se coiffer du képi du général de Gaulle et récuser la domination de l’OTAN sur la stratégie de défense européenne, de même qu’il fallait refuser toute idée de convergence stratégique avec nos voisins européens et donc, par exemple, sortir de l’Union au moment du référendum sur le Traité constitutionnel.
L’ennui, c’est que cette mâle indépendance supposait une augmentation substantielle du budget de la défense, de manière à doter la France des moyens de sa solitude. Augmentation que la France insoumise aurait évidemment dénoncée, en arguant que l’argent ne devait pas aller aux chars et aux canons, mais au bien-être du peuple français. Comme elle le fait aujourd’hui en stigmatisant les projets de renforcement des armées destinés à équilibrer la puissance de l’agressive Russie.
Rien d’étonnant : selon Saintoul, nous ne risquons rien sur ce plan, ce qui rend inutiles les efforts demandés, de même que Mélenchon avait déclaré quelques jours avant l’attaque russe que Poutine n’avait aucune intention d’envahir l’Ukraine. Grandiose lucidité sur les réalités du monde nouveau instaurées par l’agressivité des empires. Bref, on dit n’importe quoi pour justifier une politique de reddition à la force brute, quitte à sacrifier au passage une démocratie. En un mot, la France insoumise s’enferme de plus en plus dans un déni trumpien, qui consiste à prendre ses obsessions anti-occidentales pour des vérités d’évidence. Et ces gens prétendent encore représenter la gauche !
- 60 Lectures